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Politique

Augmentation du Smic : les propositions contrastées des candidats à l’élection présidentielle

Des manifestations nationales ont eu lieu ce jeudi, rassemblant des centaines de milliers de personnes réclamant une amélioration de leur pouvoir d’achat. En réponse, le ministre du Travail, Sébastien Lecornu, a annoncé une conférence sociale avec les partenaires sociaux pour lundi prochain.

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Le Smic, fixé à 1 867,02 euros brut (1 477,93 euros net) en 2025, est au cœur des revendications. La CGT, par exemple, exige une augmentation immédiate de 10 %, portant le salaire à 2 053,72 euros brut, puis à 2 200 euros.

Intervenant sur TF1 ce vendredi, le ministre Jean-Pierre Farandou a exprimé son soutien à une tentative de dépassement de la barre des 1 500 euros net, tout en soulignant les risques pour l’emploi. Il a averti qu’une augmentation de 150 euros pourrait entraîner la suppression de 250 000 emplois, et que les entreprises pourraient répercuter cette hausse sur les prix, alimentant ainsi l’inflation.

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, s’oppose à une imposition autoritaire d’augmentations salariales, qu’elle jugerait comparable à un changement de régime. « On est dans une situation trop fragile pour imposer (aux entreprises) en quelque sorte, de manière autoritaire, une augmentation du Smic de 10 % », a-t-elle déclaré lors d’une visite à Euronaval. Elle craint des licenciements massifs et propose, à la place, une exonération des charges pour les entreprises augmentant les salaires de 10 %.

Édouard Philippe, candidat d’Horizons, partage ce point de vue et privilégie une meilleure organisation du travail et un temps de travail supplémentaire plutôt que des interventions étatiques. Il insiste sur la nécessité d’une discussion entre partenaires sociaux.

Bruno Retailleau, du parti Les Républicains, considère également qu’une augmentation du Smic est une « mauvaise piste », craignant des faillites d’entreprises.

Gabriel Attal, candidat Renaissance, estime que le problème n’est pas le niveau du Smic lui-même, mais le nombre de Français qui y restent bloqués. Il propose de réduire les charges pesant sur les salaires pour augmenter le salaire net. Selon ses estimations, une augmentation de 100 euros pour un salarié au Smic coûte 473 euros à l’employeur.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, propose une augmentation du Smic à 1 700 euros net. Marine Tondelier, candidate écologiste, promet un Smic à 2 000 euros brut, assorti d’un plan d’aide pour les TPE et PME. Raphaël Glucksman, candidat social-démocrate, propose une baisse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur les salaires, financée par une taxation accrue des héritages.

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan, de Debout la France, souhaite remonter le Smic net à 1 600 euros en diminuant les cotisations salariales, se demandant : « Qui peut vivre avec un Smic de 1.477€ ou une retraite de moins de 1.000€ ? »