Mobilisations lycéennes : le rôle des réseaux sociaux, entre outil et amplification
Les lycéens utilisent massivement les réseaux sociaux, tels que TikTok et Snapchat, pour organiser des blocages et des manifestations, comme en témoignent les événements du 17 octobre. Ces plateformes servent de canaux de communication pour diffuser des informations pratiques, coordonner des actions et partager des points de rendez-vous.
Selon Raphaël Lupovici, doctorant en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lille, il est important de ne pas surestimer l’influence des réseaux sociaux dans les mouvements sociaux. « On a tendance à surestimer le rôle des réseaux sociaux numériques », explique-t-il, soulignant que leur impact réel est souvent nuancé. Bien qu’ils facilitent l’organisation et la diffusion d’informations, ils ne sont pas le seul facteur déterminant.
Snapchat, grâce à ses fonctionnalités de géolocalisation, permet un suivi en temps réel des participants, tandis que TikTok est utilisé pour diffuser des vidéos et des messages viraux, comme le #BlocusChallenge.
Raphaël Lupovici précise que les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans l’organisation logistique et dans la construction d’une identité collective, en permettant aux participants de partager leurs opinions et de renforcer leur cohésion.
La dimension ludique des vidéos, ainsi que la diffusion d’images de confrontations avec la police, peuvent amplifier l’engagement et la colère, comme cela a été observé lors du mouvement des Gilets jaunes. « Plus le contenu sera choquant émotionnellement, plus il va transmuer la colère en incitation à se joindre au mouvement », affirme Lupovici.
Suite aux violences survenues le 17 octobre, des voix s’élèvent pour demander une régulation des réseaux sociaux. Emmanuel Macron a appelé à une « résistance » face à ces plateformes, tandis que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué la possibilité de suspendre leur utilisation en cas d’émeutes. Le gouvernement aurait même étudié la possibilité de demander aux opérateurs de bloquer temporairement certaines plateformes.
Le Conseil d’État a jugé illégal le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie en mai 2024, mais a validé le principe de la suspension d’une plateforme en cas de troubles graves.