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International

Kiev : une enquête ouverte suite à des accusations de torture, une rumeur alimentée par des informations erronées

Des tensions vives ont marqué le lundi 2 novembre à Petropavlivska Borshchahivka, une banlieue de Kiev, après que des manifestants se soient rassemblés devant une maison privée, suspectée d’être un centre de détention militaire ukrainien.

Illustration
Illustration Fil Clair.

La rumeur, qui s’est propagée rapidement sur les réseaux sociaux, évoquait la présence d’une quarantaine de soldats retenus captifs dans le sous-sol. Cette information a attiré une foule de personnes, dont des familles de militaires, des militants et de simples curieux, désireux de vérifier les faits par eux-mêmes.

Des altercations ont éclaté, avec des manifestants lançant des œufs sur la police et tentant de pénétrer dans le bâtiment. Une vidéo particulièrement marquante a circulé, montrant un jeune homme, visiblement choqué, sortant du bâtiment. Diana Panchenko, militante aux positions pro-russes, a affirmé qu’il s’agissait d’un adolescent de 14 ans. Cette séquence a été relayée par Kirill Dmitriev, un financier russe proche de Vladimir Poutine, et a même été partagée par Florian Philippot en France.

L’enquête a permis de déterminer que le centre n’était pas un lieu de torture, mais plutôt un point de transit pour les hommes mobilisés pour combattre contre la Russie. Ces derniers y subissent un contrôle médical avant d’intégrer un programme d’entraînement. Il est vrai que des centres de détention de civils mobilisés de force existent en Ukraine, où des personnes en âge de combattre sont parfois privées de leur liberté avant leur formation.

Le chef de cabinet du président ukrainien, Kyrylo Budanov, s’est rendu sur place et a permis à des militants de visiter la maison. Selon les médias ukrainiens, aucune trace de torture n’a été constatée parmi les dix-huit personnes présentes. Certains soldats ont signalé des blessures, dont l’une s’est auto-infligée, et un autre a subi des contusions suite à un accident de la route, sans que l’origine de ces blessures ne soit confirmée.

L’adolescent de 14 ans apparu dans la vidéo manipulée s’est avéré être un manifestant qui avait escaladé le mur du bâtiment pour s’introduire à l’intérieur et lancer des pierres. Il n’a présenté aucune blessure à sa sortie et n’était pas une personne détenue. L’origine de la rumeur a été identifiée comme provenant d’une ancienne ambulancière, qui se présente également comme journaliste d’investigation et qui a incité les habitants de Kiev à se mobiliser.

Cette personne, active sur TikTok, n’exerce plus depuis trois ans et a utilisé des véhicules sans autorisation. Son profil, ouvertement anti-Zelensky et favorable aux messages