Manifestations : les réseaux sociaux, un outil de mobilisation indissociable
À Nice, samedi 31 octobre, les manifestants utilisent massivement leurs téléphones portables pour amplifier le mouvement. Au-delà des pancartes, les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la diffusion de l’information et l’organisation des rassemblements.
« Ça nous permet de voir des publications Instagram, de les republier, de les repartager. Je pense que ça mobilise plus de monde aujourd’hui », explique une participante. Depuis le début des manifestations, les plateformes numériques se sont avérées être un catalyseur essentiel, facilitant le partage d’informations en direct et la coordination des actions.
Cependant, cette utilisation intensive des réseaux sociaux soulève des préoccupations. Le gouvernement a mis en place une cellule dédiée au ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus incitant à l’insurrection, ayant déjà conduit à la suppression de plus de 150 messages. TikTok, de son côté, a interdit la monétisation des vidéos en direct filmées lors des manifestations, impactant leur visibilité.
Une suspension des réseaux sociaux, envisagée par le passé, est désormais écartée, suscitant l’incompréhension des manifestants. « Nous couper les réseaux sociaux, ça va être, on va dire, une chose de plus pour, au lieu d’essayer d’arranger les choses, nous rajouter des contraintes », déplore un manifestant de Rennes.
Face à cette perspective, une alternative émerge : des applications de messagerie fonctionnant via Bluetooth, permettant la communication sans connexion internet. Ces applications, déjà présentes sur les téléphones de manifestants à Paris, permettent d’échanger des messages et des photos sur une distance allant jusqu’à 200 mètres. L’une d’entre elles est actuellement en tête des téléchargements de réseaux sociaux cette semaine.