Un plan national de 30 milliards de dollars pour lutter contre l’itinérance au Canada
La lutte contre l’itinérance a été au cœur d’une annonce majeure faite à Winnipeg, lors de la conclusion de la Conférence nationale sur la fin de l’itinérance.
Un nouveau financement fédéral de près de 30 milliards de dollars sera déployé pour aborder ce problème complexe, qui touche environ 65 000 personnes à travers le pays. Ces fonds viseront à construire des logements abordables, à améliorer l’accès aux soins de santé mentale et à offrir un soutien personnalisé aux personnes sans domicile fixe.
Le premier ministre Wab Kinew a souligné l’importance de Winnipeg en tant que modèle pour d’autres villes canadiennes, affirmant que les solutions mises en œuvre pourraient être reproduites ailleurs. Il a reconnu que la crise de l’itinérance, exacerbée par la pandémie, contredit les valeurs fondamentales du Canada.
Selon Mark Carney, la stratégie repose sur trois piliers essentiels : l’aide d’urgence aux personnes qui perdent leur logement, le développement de logements abordables et l’intégration de la santé et du soutien social. Le programme fédéral « Vers un chez-soi », qui soutient les organisations communautaires, est un exemple de l’approche d’aide de première ligne. L’Allocation canadienne pour le logement, ainsi que des investissements dans la construction de nouveaux logements, notamment sur des terrains fédéraux, constituent les mesures prises pour favoriser l’accès au logement.
Un exemple concret de cette approche intégrée est la Maison Dunn à Toronto, qui combine des soins de santé mentale, des traitements de dépendance et un accompagnement social, avec des résultats prometteurs : une réduction de moitié des passages à l’urgence et une diminution de près de 80 % des journées d’hospitalisation.
La répartition des fonds comprend 5,5 milliards de dollars pour l’Allocation canadienne pour le logement, 6,5 milliards pour le renouvellement de « Vers un chez-soi » et le soutien aux anciens combattants, 10 milliards via « Maisons Canada » pour la construction de logements de transition, 2 milliards pour les infrastructures de santé mentale et de toxicomanie, et 5 milliards pour un nouveau Fonds de soutien intégré.
Le gouvernement fédéral s’engage à fournir les ressources financières nécessaires, tandis que les provinces et les municipalités seront responsables de la gestion des logements, de la prestation des services de santé et de la mise en œuvre des mesures de soutien au revenu. Le maire de Québec, Bruno Marchand, a exprimé son inquiétude quant à une possible friction entre Québec et Ottawa concernant les compétences dans ce dossier, appelant à une action rapide et coordonnée. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a quant à elle, mis en avant l’engagement du nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, à faire de la lutte contre l’itinérance une priorité.