Les élections américaines : un revers pour Poutine
Moscou, 7 novembre (EFE).- Vladimir Poutine, le président russe, est un autre grand perdant des élections américaines. Le Kremlin craint qu’une majorité démocrate dans les deux chambres du Congrès ne puisse empêcher Donald Trump de continuer à faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle cède aux prétentions territoriales russes.
Les analystes estiment que Poutine ne recevra plus jamais une offre aussi favorable que celle qui lui a été faite par Trump en 2025, une offre qu’il a rejetée en espérant que ses troupes prendraient rapidement tout le Donbass, ce qui s’avère être loin d’être le cas.
La défaite républicaine intervient à un moment crucial, les négociations tripartites devant reprendre mardi à Abu Dhabi, une semaine après les élections. « Nos chances de recevoir une assistance supplémentaire des États-Unis pourraient s’accroître maintenant », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky au canal TSN.
« Au cours des dernières années, nous avons détecté, de la part du Congrès, un sabotage clair des idées et des initiatives, même celles visant à une normalisation des relations bilatérales », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe.
Elle a reconnu ce qu’elle a qualifié de « victoire convaincante » du Parti démocrate et a souligné que ce résultat aura « une influence considérable » sur la vie politique aux États-Unis. « Cela se répercutera sur le caractère des initiatives législatives et laissera également sa marque sur les affaires internationales », a-t-elle déclaré.
Le Kremlin a tenté de minimiser l’impact. « Donald Trump restera en fonction jusqu’à la fin de son mandat présidentiel et marquera sa politique étrangère », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.
« Nous espérons sincèrement qu’il persistera dans ses efforts pacificateurs… Nous avons déjà fait une partie du travail, une nouvelle tournée de discussions à trois bandes aura lieu prochainement. Nous espérons également que les efforts humanitaires de Melania Trump continueront », a-t-il affirmé.
Le Kremlin a rappelé que la Russie est un « pays souverain » qui ne peut pas dépendre de la situation politique intérieure américaine. « Les intérêts de la Russie seront garantis soit par des moyens militaires, par la poursuite de l’opération militaire spéciale, soit par des moyens pacifiques, si quelqu’un à Kiev fait preuve de volonté et assume sa responsabilité politique », a-t-il ajouté.
Michael McFaul, l’ancien ambassadeur américain en Russie, considère que la « trahison de l’Ukraine » par Trump est l’un des « tournants les plus radicaux » de l’histoire de la politique étrangère américaine. Il affirme que, après ces élections, Trump a « pratiquement aucun espace de manœuvre pour faire pression sur Zelensky ».
Selon lui, Poutine a commis une grave erreur en pensant que « le temps était de son côté » et que Trump était la personne qui ferait des concessions à la Russie, tant en Ukraine que lors de la conclusion d’accords commerciaux.
« Mais maintenant, Trump est un canard boiteux et son temps est révolu. Ses options pour entamer des négociations qui seraient bénéfiques pour Poutine se sont considérablement réduites », a-t-il expliqué au canal indépendant russe Dozhd, en rappelant que, selon les sondages, 80 % des Américains ont une image négative du dirigeant russe.
« Poutine a gagné du temps, pensant qu’il conclurait un accord avec Trump, mais maintenant il est pressé, très pressé de parvenir à un accord. Il n’y a plus de temps. On ne peut plus attendre », a-t-il souligné.
Il n’a pas exclu que Trump vette les projets démocrates de sanctions contre la Russie et d’aide à l’Ukraine, mais a également prédit que le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, pourrait démissionner pour mener sa propre campagne présidentielle.
L’accord entre Poutine et Trump sur le diesel russe n’a pas eu l’effet escompté par les deux hommes. Ni ne s’est traduit par une baisse des prix du carburant, ni n’a attiré de votes en tant qu’instrument de lutte contre l’inflation, principale préoccupation des électeurs américains.
En fait, Trump a dû admettre que la guerre en Iran, véritable cause de la hausse des prix du pétrole aux yeux des Américains, était la raison de la défaite républicaine, et non l’absence d’un règlement pacifique en Ukraine.
Des médias tels que le Financial Times ont rapporté qu’au moins deux pétroliers russes ont changé de cap alors qu’ils se dirigeaient vers des ports américains après la publication des résultats électoraux.
Le baril de Brent a même subi une chute importante de plus de 8 % après la fermeture des bureaux de vote, et bien qu’il ait semblé se redresser les jours suivants, son avenir dépendra des prochaines étapes de Trump dans ses relations avec la république islamique.