Hydro-Québec prévoit une croissance massive de la demande d’électricité d’ici 2041
Hydro-Québec s’attend à une augmentation sans précédent de la demande en électricité, Dave Rhéaume, vice-président et responsable de la stratégie énergétique de la société, l’a affirmé lors d’une récente entrevue. Cette croissance, alimentée par l’électrification des transports, de l’industrie et des bâtiments, pourrait nécessiter des investissements massifs et de nouvelles sources d’approvisionnement.
Le plan d’approvisionnement d’Hydro-Québec prévoit une augmentation de 60 térawattheures (TWh) de la demande, portant le total à 240 TWh en 2041. Cela équivaut à la consommation annuelle de trois millions de foyers québécois. Parallèlement, la demande en puissance devrait croître de 12 000 MW pour atteindre 52 000 MW d’ici 15 ans, un chiffre considérable qui rappelle la situation critique vécue en février 2023, lorsque la demande a frôlé les 43 000 MW.
Plusieurs facteurs contribuent à cette augmentation, notamment l’électrification des transports (22 TWh), le secteur industriel (31 TWh) et les bâtiments (5 TWh). L’essor de secteurs émergents tels que les centres de données, les chaînes de blocs et les serres joue également un rôle important. Malgré un intérêt soutenu pour l’implantation de centres de données au Québec, Hydro-Québec envisage même d’augmenter les tarifs pour cette industrie.
Pour répondre à cette demande croissante, Hydro-Québec prévoit investir 200 milliards de dollars d’ici 2035 dans de nouveaux approvisionnements et infrastructures. Ces projets incluent l’augmentation de la puissance des centrales hydroélectriques existantes, l’exploitation de l’entente-cadre de Churchill Falls et le développement de parcs éoliens et solaires. Des importations d’électricité provenant des provinces voisines ou des États-Unis pourraient également être nécessaires, notamment en période de faible hydraulicité.
Hydro-Québec estime que des mesures d’efficacité énergétique et une meilleure gestion des pointes de consommation pourraient permettre d’économiser 21 TWh et de réduire la demande en puissance de 3500 MW d’ici 2035. L’adoption de technologies plus efficaces, comme les thermopompes, et l’augmentation des tarifs pour les grands consommateurs devraient également contribuer à modérer la demande.
Concernant le développement de l’énergie nucléaire au Canada, Hydro-Québec préfère observer l’expérience des autres avant de s’engager dans une telle voie. « On n’a pas besoin d’être les premiers à trébucher dans une nouvelle technologie, » a déclaré Dave Rhéaume.