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International

France : Première fois que les réserves stratégiques de diesel sont utilisées pour maîtriser les prix

La France a entamé la mobilisation de 10 millions de barils de diesel, issus de ses réserves stratégiques, le dimanche 1er octobre. L’objectif affiché est de contribuer à une baisse des prix à la pompe.

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Illustration Fil Clair.

Quelques jours après cette décision, une diminution de 12 centimes par litre a été observée dans environ 6 000 des 10 000 stations-service françaises, a annoncé le ministre du Commerce, Serge Papin, le mardi 3 octobre. Le ministre a qualifié cette action de « vrai défi » et souligné qu’il s’agissait d’une première.

Il est exact, selon une enquête de franceinfo, que le gouvernement français a pris pour la première fois l’initiative de puiser dans ses réserves de gazole dans le seul but de faire baisser les prix.

Si la France a déjà utilisé ses réserves stratégiques dans le passé, ces déstockages étaient généralement motivés par des risques de pénurie ou de difficultés d’approvisionnement. Cela s’est produit lors des blocages de raffineries et de dépôts pétroliers en 2010 et 2016, ainsi qu’en mars 2026 suite au blocage du détroit d’Ormuz et en octobre 2022, période marquée par des grèves dans les secteurs TotalEnergies et ExxonMobil.

Le gouvernement justifiait alors ces actions pour « assurer la disponibilité des produits ». La France a également participé à des déstockages coordonnés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), notamment en 2022 pour faire face à la guerre en Ukraine.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions sur les prix des carburants, malgré une diversification des sources d’approvisionnement après l’arrêt des importations russes en 2023 et des livraisons du Moyen-Orient.

L’État français a mis en place un mécanisme juridique inédit, combinant le pouvoir de déstockage en situation de crise et celui de réglementation des prix, comme stipulé à l’article L410-2 du Code du commerce. Cette mesure a été influencée par les États-Unis, qui ont incité plusieurs pays du G7 à débloquer leurs réserves stratégiques.

Le président américain Donald Trump avait menacé de réduire les exportations de carburant vers l’Europe si ces pays ne puisaient pas dans leurs réserves. La France, fortement dépendante du diesel américain, a cédé à cette pression, rejoignant ainsi une décision du G7 de libérer jusqu’à 100 millions de barils sous quatre mois pour faire face à la hausse mondiale des prix.