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Économie

La Bundesbank anticipe une nouvelle hausse des taux de la BCE en décembre

Le président de la Banque fédérale d’Allemagne, Joachim Nagel, a affirmé mardi qu’une augmentation des taux directeurs de la Banque centrale européenne serait « très probablement nécessaire » lors de la prochaine réunion en décembre. Cette prédiction intervient après une pause observée en octobre, dans un contexte économique marqué par des incertitudes.

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Illustration Fil Clair.

« Du point de vue actuel, une hausse des taux en décembre est très probablement nécessaire », a déclaré M. Nagel lors d’un discours à Berlin. Il a souligné que les inquiétudes concernant l’inflation s’étaient intensifiées ces dernières semaines.

La BCE avait choisi de maintenir ses taux inchangés fin octobre, notamment le taux de facilité de dépôt fixé à 2,5 %, après plusieurs augmentations cette année destinées à lutter contre l’inflation exacerbée par la flambée des prix de l’énergie, conséquence des tensions au Moyen-Orient. La présidente de l’institution, Christine Lagarde, avait alors indiqué que les gouverneurs avaient discuté d’une potentielle nouvelle hausse.

La décision de ne pas augmenter les taux a été prise à l’unanimité, en raison d’une inflation hors énergie jugée « globalement inchangée » et d’un niveau d’incertitude élevé. Selon M. Nagel, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, cette pause était justifiée par l’absence de signes clairs d'« effets de second tour », c’est-à-dire que les prix élevés de l’énergie ne se traduisent pas encore par des demandes salariales plus importantes.

Cependant, le banquier central estime que les risques inflationnistes se sont renforcés depuis les dernières prévisions économiques de la BCE, publiées en septembre. L’inflation se situe déjà bien au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE, atteignant 3,8 % en septembre dans la zone euro, avant la publication des chiffres préliminaires d’octobre prévue ce mercredi.

Il a mis en garde contre le risque que de nouvelles augmentations des prix de l’énergie se répercutent sur les prix des biens et services, puis sur les négociations salariales, alimentant ainsi davantage l’inflation. La BCE disposera en décembre de nouvelles projections économiques, étendues pour la première fois jusqu’en 2029.

Sauf amélioration significative des perspectives d’inflation, « il sera difficile d’éviter une hausse des taux », a prévenu M. Nagel. Cette annonce intervient alors que la remontée des taux d’intérêt obligataires en zone euro, comme on l’observe sur les emprunts français, constitue déjà un resserrement monétaire supplémentaire, rendant le crédit plus coûteux pour les ménages et les entreprises.