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International

Le Gouverneur de la Banque du Canada minimise l’impact des dépenses publiques sur l’inflation

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, et Carolyn Rogers, première sous-gouverneure, ont témoigné mardi devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes, à deux jours de la présentation du budget fédéral de 2026 par le gouvernement libéral.

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Illustration Fil Clair.

Interrogé par Michael Chong, porte-parole conservateur en matière de finances, sur les mesures d’abordabilité prises par le gouvernement, M. Macklem a évité une réponse directe, précisant qu’il ne commente la politique budgétaire qu’en cas de niveaux de dépenses insoutenables ou de mesures gouvernementales allant à l’encontre de la lutte contre l’inflation. Il a affirmé ne constater actuellement aucun de ces deux scénarios.

Sur la question de savoir si les dépenses gouvernementales contribuaient aux pressions inflationnistes, M. Macklem a répondu par la négative. La Banque du Canada maintient son indépendance dans la définition de sa politique monétaire, notamment par l’ajustement de son taux directeur, qu’elle a relevé d’un quart de point la semaine dernière, en raison des inquiétudes liées à l’inflation exacerbée par la guerre au Moyen-Orient.

Il a déjà publiquement exprimé des préoccupations concernant le rythme des dépenses gouvernementales il y a trois ans, soulignant que cela pouvait alimenter la demande plus rapidement que l’offre, nuisant à la maîtrise de l’inflation. Le chef conservateur, Pierre Poilievre, critique régulièrement les politiques libérales, exhortant le gouvernement à réduire ses dépenses avant le budget de jeudi pour alléger le fardeau financier des Canadiens.

Le gouvernement libéral, sous la direction du premier ministre Mark Carney, prévoit des déficits plus importants dans le cadre d’une stratégie visant à réduire la dépendance économique du Canada envers les États-Unis. Les conservateurs imputent la situation financière difficile des Canadiens aux politiques libérales, notamment au programme budgétaire de M. Carney, qui, selon eux, augmente les dépenses dans tous les domaines, entraînant une inflation et des taux d’intérêt plus élevés.

M. Macklem a attribué la récente hausse de l’inflation au Canada à un choc énergétique mondial causé par la guerre au Moyen-Orient. Les conservateurs demandent la suspension des taxes et prélèvements fédéraux sur l’essence jusqu’à l’été.

Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins, a minimisé l’impact des dépenses gouvernementales sur l’inflation, les qualifiant d’influence très mineure. Il estime que les déficits fédéraux ne sont pas inflationnistes à ce stade.

Selon M. Macklem, l’économie canadienne se trouve actuellement dans une situation d’offre excédentaire, où la production dépasse la demande. Bien que les transferts gouvernementaux puissent stimuler la demande, cette situation est tempérée par l’excédent d’offre. Il a souligné que les investissements productifs, renforçant l’offre à long terme, peuvent favoriser la croissance sans alimenter l’inflation.

Les questions posées lors de la comparution portaient également sur un discours de 2024 de Mme Rogers, qui avait mis en évidence une urgence en matière de productivité au Canada. Mme Rogers a expliqué que l’amélioration de la productivité est essentielle pour augmenter les salaires et le niveau de vie, et offre une plus grande marge de manœuvre pour absorber les chocs économiques. Elle a noté une reprise des investissements des entreprises, mais a souligné que les effets sur la productivité prendront du temps à se matérialiser.