En Iran, la défaite de Trump est perçue comme un rejet de la guerre
Téhéran, 4 novembre (EFE) - L’Iran a célébré mercredi la défaite des Républicains et de Donald Trump lors des élections de mi-mandat aux États-Unis, un résultat qu’il a qualifié de « non à la guerre », alors que les craintes d’une nouvelle confrontation armée s’intensifient.
« Que ce soit par conscience ou par le coût de la vie, les Américains ont dit non à la guerre et nous soutenons ce message », a déclaré Mohamad Baqer Qalibaf, président du Parlement et chef négociateur iranien, sur X.
Les démocrates ont remporté une victoire historique lors des élections législatives américaines de mardi, en arrachant le contrôle des deux chambres du Congrès aux Républicains, ce qui constitue un revers pour Trump.
Depuis des semaines, les autorités iraniennes répètent que les élections de mi-mandat américaines sont sans importance pour la République islamique, tout en intensifiant les attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, dans ce que les analystes considèrent comme une tentative d’augmenter le prix du pétrole brut pour nuire à la campagne électorale des Républicains.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Ismail Bagaei, a estimé que Trump, « poussé par la cupidité et l’arrogance, et agissant au service d’un régime trompeur (Israël) », avait entraîné son pays dans une guerre avec l’Iran qui lui a coûté les élections.
« Le peuple américain vous a maintenant envoyé un message clair », a déclaré Bagaei sur X au président américain.
Le diplomate iranien a rappelé que la défaite électorale républicaine coïncide avec l’anniversaire de la prise de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, un incident qui est célébré chaque année dans la République islamique comme une victoire.
Lors des marches de ce jour pour l’anniversaire de la prise de l’ambassade, Trump était le personnage principal, avec des pancartes indiquant « nous tuerons Trump » ; d’autres le montraient derrière des barreaux ou enchaîné ; sur d’autres, il était caricaturé en cochon et les caricatures le ridiculisant étaient nombreuses.
La prise de l’ambassade américaine et de 52 diplomates pendant 444 jours a déclenché une tension entre les deux pays qui a atteint son paroxysme depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran le 28 février.
L’ambassade iranienne au Liban s’est même permis de comparer Trump à l’ancien président Jimmy Carter, qui est considéré comme ayant perdu les élections de 1980, entre autres raisons, en raison de la crise des otages avec la jeune République islamique.
« Chaque fois qu’un président américain tente de soumettre Téhéran, la situation se retourne contre lui au cœur de son propre pays en raison de ses actes de violence », a déclaré la légation diplomatique sur les réseaux sociaux.
Malgré la défaite du parti de Trump, le guide suprême de l’Iran, Mojtaba Jameneí, a estimé qu’il était une erreur de croire que les changements politiques aux États-Unis pourraient mettre fin à son hostilité envers la République islamique.
« Si certains entretiennent encore l’espoir d’un changement de comportement ou d’une alternance entre partis et factions au sein du système de domination, ou croient qu’en faisant des concessions aux États-Unis, ils peuvent l’amener à abandonner son inimitié envers la nation iranienne, ils se trompent profondément », a-t-il affirmé dans un message à l’occasion de l’anniversaire.
Jameneí a soutenu que l’objectif de Washington est d’obtenir la capitulation de Téhéran et a mis en garde contre toute concession à la puissance américaine.
Au cours de la semaine dernière, l’Iran et les États-Unis ont intensifié les négociations indirectes avec la médiation du Qatar pour trouver une issue à la guerre, mais n’ont pas encore réussi à parvenir à un accord.
En fait, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a affirmé hier que la réponse américaine à sa proposition pour mettre fin à la guerre « n’a pas été convaincante » et a exigé qu’elle aborde « de manière pleine et explicite les sept conditions posées par l’Iran ».
Malgré ces contacts, les États-Unis ont attaqué le territoire iranien hier pour la première fois depuis deux mois, dans ce qui a été qualifié d’action « limitée », et des craintes subsistent quant à la reprise des bombardements à grande échelle contre le pays perse.