Belgique : Crise budgétaire et incertitude gouvernementale
Des négociations budgétaires complexes plongent la Belgique dans une période d’incertitude accrue.
Le Premier ministre, Bart De Wever, a présenté sa démission au Roi lundi, suite à l’échec de compromis au sein de sa coalition gouvernementale. Le Roi Philippe a suspendu sa décision et recevra à nouveau M. De Wever à la fin de la semaine.
Le Palais Royal a souligné que la Belgique « ne peut se permettre une crise politique prolongée » et a appelé à « l’intérêt général et le sens du compromis ». Une nouvelle rencontre entre le Roi et les chefs de partis est prévue vendredi.
Les discussions, qui se sont avérées infructueuses dans la nuit de dimanche à lundi, portaient sur le budget fédéral belge pour 2027, notamment sur l’effort budgétaire de 10 milliards d’euros exigé par le Premier ministre d’ici 2029.
Cette impasse a conduit M. De Wever à présenter sa démission. Il n’a pas fait de déclaration publique depuis.
Une situation similaire s’était déjà produite il y a un an, avec une menace de démission et une consultation royale.
Bart De Wever dirige une coalition de cinq partis de centre-droit (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit) depuis février 2025. Son objectif est de réduire le déficit belge, qui dépasse les 5 % du PIB, grâce à un effort budgétaire conséquent.
L’effort se traduit principalement par des réductions des dépenses publiques, notamment dans le secteur de la santé, mais inclut également une augmentation de la TVA, une mesure contestée par le Mouvement Réformateur (MR).
« Le volume de taxes sur la table reste beaucoup trop élevé et dépasse largement ce qui était prévu dans l’accord de gouvernement. Refuser de mener de véritables réformes pour réduire les dépenses publiques condamne le pays à creuser un déficit toujours plus grand », a déclaré David Clarinval, membre du MR et ministre de l’Economie.
Les chrétiens-démocrates flamands ont appelé à la reprise rapide des discussions.
Bart De Wever a jusqu’à présent refusé la possibilité d’un budget d’urgence basé sur l’exercice précédent, une option légalement autorisée.
Les discussions se déroulent sous la pression des syndicats, qui organisent des manifestations contre l’austérité depuis plusieurs mois. Le 9 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre la rigueur, avec des incidents et des dégradations.
L’opposition, notamment le Parti socialiste francophone, a critiqué le gouvernement pour son « protection des grandes fortunes au détriment de la population ». Le Vlaams Belang a, quant à lui, dénoncé une « crise budgétaire historique ».