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Politique

Une pétition pour la suppression de CNews rassemble plus de 500 000 signatures

Une requête en ligne, hébergée sur le site de l’Assemblée nationale, réclamant la « suppression de CNews de l’audiovisuel français » a franchi le cap des 500 000 signatures ce lundi. Ce seuil important pourrait potentiellement ouvrir la porte à un débat parlementaire sur la chaîne.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Le règlement de l’Assemblée nationale prévoit qu’une pétition atteignant ce nombre de signatures peut faire l’objet d’un débat en séance publique. Cependant, une commission parlementaire doit d’abord examiner la pétition et décider de la classer ou d’élaborer un rapport. L’organisation d’un débat n’est donc pas automatique.

Un précédent exemple, une pétition contre la loi relative à la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre, avait également dépassé 500 000 signatures, mais avait été classée par la commission des Lois en juillet.

La pétition actuelle, lancée en juin, a connu une forte augmentation du nombre de signatures à la fin du mois d’octobre, passant de moins de 100 000 à plus de 500 000.

CNews a réagi en déclarant : « Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique. »

La chaîne, appartenant au groupe Canal+ et contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré, est régulièrement accusée de promouvoir des opinions d’extrême droite, ce que la chaîne conteste en affirmant défendre la liberté d’expression.

La pétition, initiée par un particulier, qualifie CNews de « machine de propagande » plutôt que de chaîne d’information.

Ces accusations se sont intensifiées après l’attentat raciste de Trappes, le 23 octobre, où Kévin T., âgé de 39 ans, est soupçonné d’avoir visé « des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, parmi d’autres figures de gauche, a accusé les médias, et notamment CNews, d’une possible responsabilité dans cette attaque, en raison de la place accordée aux discours stigmatisant les immigrés et les personnes d’origine immigrée.

En juin dernier, CNews a reçu une mise en demeure de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle) pour un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion » sur son antenne, notamment concernant la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française.

Les équipes de CNews, et plus particulièrement l’émission « 100 % Frontières », ont été la cible de manifestations ces derniers jours, avec des images de ces confrontations régulièrement rediffusées par la chaîne.

Le siège parisien de CNews et d’Europe 1 a également été visé par une centaine de personnes le 17 octobre, lors d’une journée d’action nationale marquée par des violences et des actes d’intimidation, dénoncés par les deux médias.