Dakar : Lutteurs suisses et sénégalais célèbrent l’échange culturel et sportif
Un rituel ancestral a marqué l’entrée des lutteurs suisses dans une banlieue de Dakar : une pluie de sel, symboliquement semée par leurs guides sénégalais. Cette cérémonie a précédé une série de combats entre six lutteurs suisses et sénégalais, organisés dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), qui se déroulent au Sénégal et constituent le premier événement olympique sur le sol africain. L’ouverture s’est tenue samedi.
Pour l’occasion, les lutteurs suisses ont adopté les tenues traditionnelles sénégalaises, abandonnant leur épaisse culotte en jute, utilisée comme point d’appui dans la lutte suisse, au profit d’un pagne noué autour de la taille. Cette rencontre a permis aux lutteurs suisses de découvrir les traditions de la lutte sénégalaise, la « laamb », souvent accompagnée de gris-gris et d’amulettes. L’aide d’Émile François Gomis, alias « Franc », figure emblématique de la lutte sénégalaise, a été précieuse pour l’apprentissage du nouage du pagne.
Un bain rituel, symbolisant les pratiques de protection des lutteurs sénégalais, a suivi, rythmé par les tambours et les chants traditionnels. Les lutteurs sénégalais ont ensuite présenté une démonstration de danse, avant que les combats n’aient lieu. Modou Lô, figure de proue de la lutte sénégalaise, a fait une entrée triomphale, saluée par les applaudissements du public.
Initialement, les lutteurs suisses ont été dominés par leurs homologues sénégalais, conformément aux traditions de la lutte sénégalaise. « Il en fait tout le temps, moi c’est la première fois. Et il était plus fort », a confié Matthieu Burger, lutteur suisse, qui a néanmoins apprécié ce « beau combat, dans le respect ». La différence principale réside dans la distance : la lutte suisse implique un contact constant, contrairement à la lutte sénégalaise.
L’ambiance a ensuite basculé lorsque les lutteurs sénégalais ont adopté les culottes en jute suisses, inversant le rapport de force. « Quand on a lutté selon notre culture, nous les avons tous battus. Mais quand ils sont venus avec la leur, ils la maîtrisent mieux », a déclaré Moussa Dioum, lutteur sénégalais, qui souhaite que cette initiative se poursuive pour permettre aux jeunes lutteurs sénégalais de s’entraîner en Suisse.
Franc a souligné l’objectif de l’événement : « Montrer la culture sénégalaise, notre fierté. La lutte, c’est notre sport. » Le maire de Parcelles Assainies, Aboubacar Djamil Sané, a salué cette rencontre comme un « pont culturel et sportif » entre la Suisse et le Sénégal, exprimant l’espoir d’une coopération durable. L’ambassadrice de Suisse au Sénégal, Tamara Mona, a quant à elle manifesté sa fierté d’assister à cet événement, témoignant de l’enthousiasme des jeunes pour le sport et la tradition. Patricia Danzi, représentante du gouvernement suisse, a conclu en affirmant que « les Jeux, ce n’est pas seulement dans les stades, c’est aussi dans les quartiers. »