Vortex polaire : Comprendre le phénomène et ses Implications Potentielles
Le terme « vortex polaire » est de plus en plus présent dans les médias, suscitant des images de températures extrêmes. François Jobard, prévisionniste chez Météo-France, nuance : « Les conséquences sur le temps qu’il fait sont souvent limitées et hypothétiques. »
Le vortex polaire est une formation qui se situe dans la stratosphère, une couche de l’atmosphère située au-dessus de la troposphère, entre 10 et 50 kilomètres d’altitude. Il se manifeste sous la forme d’un anneau de vents forts au-dessus des régions polaires et se crée chaque saison froide.
Des modèles prévoient actuellement un « réchauffement stratosphérique » inhabituellement précoce, qui pourrait perturber le vortex polaire à la fin novembre et au début décembre. Ce réchauffement, qui peut entraîner une augmentation de température de 50 à 60°C dans la stratosphère (où les températures varient habituellement entre -170 et -80°C), peut provoquer des « descents froides » vers les latitudes moyennes.
Il est important de distinguer le vortex polaire du courant-jet, un flux d’air rapide qui influence directement la météo. Bien que le réchauffement stratosphérique puisse affecter le courant-jet, ce n’est pas systématique.
En France, les effets d’un vortex polaire perturbé sont variables. François Jobard explique que, parfois, ces phénomènes stratosphériques n’ont aucun impact sur le temps qu’il fait. Un réchauffement stratosphérique peut affaiblir le courant-jet, favorisant des échanges d’air entre le nord et le sud et potentiellement des vagues de froid. L’épisode de grand froid de février 2018 en France est un exemple de ce type de lien.
Romain Weber, de Lyon Météo, souligne qu’il n’y a « aucune certitude » que ces phénomènes se produiront et que les prévisions ne peuvent être faites qu’à l’échelle d’un continent, et non d’une région précise. Il déconseille donc les annonces de températures glaciales localisées.
Pour les prochains jours, Météo-France ne prévoit « aucun phénomène remarquable » en France. Les températures resteront légèrement inférieures aux normales, avant un léger réchauffement début de semaine prochaine. Un épisode méditerranéen est attendu sur le Languedoc, dans un contexte de sols déjà saturés. Malgré cela, la sécheresse reste préoccupante, et des précipitations sont nécessaires pour reconstituer les nappes phréatiques.
Romain Weber prévoit un mois de novembre « plutôt humide et assez doux » en général.