Dimanche 1er novembre 2026 En continu
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Environnement

Sorgho : une céréale africaine testée en France face aux défis climatiques

L’année 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne de 24,9 degrés en juillet, impactant sévèrement la production agricole. Les rendements du blé et du maïs ont subi des pertes significatives, entre 20 et 30 % pour le maïs. Face à ces difficultés, le secteur agricole explore de nouvelles cultures, notamment le sorgho, une céréale traditionnellement cultivée en Afrique.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Ludovic Joiris, agriculteur dans l’Essonne, expérimente le sorgho sur une partie de son exploitation depuis trois ans. Il a constaté que cette céréale nécessite moins d’eau que le maïs, un avantage crucial pour les terres non irriguées. « Quatre hectares sur 290, c’est pour commencer, » explique-t-il. « S’il y a des débouchés, j’en ferai plus. Le sorgho, c’était intéressant, ça faisait une culture d’été comme le maïs, mais ça nécessite moins d’eau que le maïs. » Malgré un bilan positif et une rentabilité de son exploitation grâce au sorgho, il tempère l’enthousiasme, soulignant que les rendements restent affectés par la sécheresse.

Nicolas Guilpart, chercheur à l’Inrae, utilise des modèles climatiques pour évaluer le potentiel du sorgho. Ses cartes montrent un déplacement des rendements vers le nord, avec des pertes dans le sud, en fonction des scénarios de réchauffement. Actuellement, moins de 100 000 hectares de sorgho sont cultivés en France, contre plus d’un million pour le maïs. Cependant, les pertes moins importantes enregistrées pour le sorgho par rapport au maïs (15 % contre 20 à 30 %) laissent entrevoir un potentiel de développement.

L’utilisation du sorgho est actuellement principalement axée sur l’alimentation animale. Aurélien Amir, cofondateur de Vieilles Graines, une entreprise lyonnaise, souhaite développer une filière pour l’alimentation humaine, proposant des produits sans gluten comme des chips et des pâtes. Il souligne que cette orientation permet une meilleure valorisation et des prix plus attractifs. Le développement de cette culture en France et en Europe dépendra donc de la création d’une filière viable et de l’évolution du climat.