Kherson : Un bref retour au foyer avant un nouveau départ
Après des mois d’absence, la famille Mayfeld a profité d’une courte trêve humanitaire pour retourner dans sa maison à Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Cette visite, une première en cinq ans de conflit avec la Russie, a permis aux parents de montrer à leurs quatre enfants ce qu’il reste de leur foyer.
Yuliia Mayfeld, 39 ans, a peine à contenir ses larmes en retrouvant sa maison, qui avait été rénovée juste avant le début de l’occupation russe. La famille s’était réfugiée dans la région d’Odessa.
Malgré la joie du retour, l’atmosphère est empreinte de tristesse. Pavlo, 11 ans, se souvient de ses amis d’enfance, dont certains ont fui vers la Pologne et l’Italie. « Cette ville me manque énormément », confie-t-il.
De nombreux autres habitants déplacés ont également profité de ce cessez-le-feu temporaire pour vérifier l’état de leurs biens ou simplement se promener dans les rues de Kherson. Environ trois quarts des 280 000 habitants ont fui la ville, qui se trouve sur les bords du Dniepr, une zone frontalière dangereuse où les combats sont intenses.
Le danger est omniprésent, avec des mines et des engins explosifs improvisés semés par les forces russes. Liouba Kryvoroutchko, 33 ans, exprime sa douleur face à la destruction de sa ville. « Tout a tellement changé, les mots me manquent… »
Une source militaire locale, souhaitant rester anonyme, prédit une reprise des hostilités encore plus violente après la fin de la trêve dimanche soir. Les forces russes ont profité de cette période de calme pour renforcer leurs positions et collecter des renseignements.
Pour Yuliia Mayfeld, ces 24 heures sont précieuses pour offrir à ses enfants un aperçu de leur passé. Ivan, 16 ans, aspire à devenir marin comme son père et à voyager à travers le monde. Il exprime sa tristesse et son désir de faire un dernier tour du centre-ville avant de quitter Kherson à nouveau. La famille sait que leur retour est temporaire et qu’ils devront bientôt reprendre le chemin de l’exode.