Enquête alarmante : Un nombre significatif de pilotes européens avouent s’être endormis en vol
Thomas Steffen, ancien défenseur de la sécurité aérienne, a vu son point de vue évoluer. Membre du conseil d’administration d’Aeropers, la principale association professionnelle de pilotes de ligne en Suisse, il nuance désormais son affirmation initiale selon laquelle « Prendre l’avion est sûr ». Il insiste aujourd’hui sur l’importance d’un entretien rigoureux des aéronefs et du repos adéquat des pilotes pour garantir la sécurité des vols.
Une récente enquête menée par l’European Cockpit Association (ECA), qui représente les pilotes européens, révèle des chiffres préoccupants. Plus de 7000 pilotes interrogés en août 2026 ont admis s’être brièvement endormis en vol. Plus d’un tiers se sentaient insuffisamment reposés au moment du décollage.
Les pilotes, craignant des sanctions, ne signalent pas toujours leur fatigue, un phénomène confirmé par Aeropers en Suisse. Cette situation n’est pas nouvelle, une enquête précédente menée il y a trois ans avait déjà mis en lumière des problèmes similaires. « La situation ne s’est pas améliorée », déplore Thomas Steffen, soulignant la pression croissante sur le personnel due à l’optimisation des coûts par les compagnies aériennes, notamment en ce qui concerne le kérosène et les charges de personnel.
Swiss International Air Lines (Swiss) affirme que la sécurité de ses passagers et de son personnel est sa priorité absolue, tout en reconnaissant la nécessité de rentabilité. La compagnie aérienne déclare : « Nous devons également être rentables et utiliser nos ressources de manière efficace. Cependant, cela ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité ni du repos nécessaire à nos équipages. Pour nous, c’est clair : nos pilotes doivent pouvoir commencer leurs vols reposés et en toute sécurité. Les considérations économiques ne changent rien à cela ». Swiss affirme avoir des règles plus strictes que les exigences légales concernant les temps de service et de repos, et encourage le personnel à se retirer du service en cas de fatigue.
Un système de signalement interne permet aux équipes de signaler les incidents, qui sont ensuite évalués par un groupe de travail. Aeropers juge ces mesures insuffisantes et plaide pour une réglementation plus stricte, rappelant que la fatigue reste un facteur de risque significatif. L’association cite l’incident d’Asiana Airlines en 2013, où un vol reliant Séoul à San Francisco a dû effectuer un atterrissage d’urgence, causant la mort de trois passagers et blessant 181 autres, comme exemple tragique des conséquences de la fatigue.