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Environnement

Des technologies innovantes pour observer et préserver les dauphins du Golfe de Gascogne

L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a mené avec succès plusieurs missions d’observation équipées de caméras fixées sur des dauphins communs. Ces dispositifs permettent de capturer des images inédites de leur comportement en milieu marin, notamment lors de chasses en groupe avec des thons rouges, et en interaction avec d’autres espèces comme les fous de Bassan.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Germain Boussarie, chercheur à l’Ifremer, a souligné lors d’une conférence de presse à Nantes le 29 octobre dernier, l’importance de ces observations. « Comprendre le comportement du dauphin, ses habitudes alimentaires et les risques liés aux engins de pêche est crucial pour développer des solutions de protection plus efficaces », a-t-il déclaré.

Ces caméras, d’une vingtaine de centimètres de large, sont temporairement fixées sur le dos des dauphins à l’aide d’une perche. Elles enregistrent des données visuelles et sonores, ainsi que la profondeur des plongées. Après quelques heures, les appareils se détachent automatiquement et remontent à la surface, où ils sont récupérés grâce à un système de signalement.

Face à la menace des captures accidentelles de dauphins dans le Golfe de Gascogne, le gouvernement a prolongé, pour une quatrième année consécutive jusqu’à début 2027, la fermeture mensuelle de la pêche pour certains navires utilisant des chaluts ou des filets. Cette mesure a permis de réduire de 60 % les captures accidentelles durant l’hiver 2024/2025, passant de 4 700 à 1 900 dauphins communs décédés en moyenne par hiver entre 2017 et 2023, selon l’observatoire Pelagis.

De nombreux pêcheurs ont également adopté des répulsifs acoustiques, des balises et des caméras embarquées, mais une solution technique idéale reste à trouver. Le tribunal administratif de Paris a d’ailleurs demandé à l’État d’élaborer un « plan national d’actions » pour renforcer la protection des dauphins dans le Golfe de Gascogne, suite à une requête déposée par des ONG environnementales en juin dernier.

Germain Boussarie ajoute que ces caméras pourraient également fournir des informations précieuses sur l’impact du réchauffement climatique sur le comportement des dauphins et sur la pérennité de leur population.