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Économie

Côte d’Ivoire : La recherche agronomique face aux défis climatiques pour la production de cacao

Les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves de cacao, sont confrontés à des conditions climatiques de plus en plus difficiles, avec des pluies irrégulières et des températures en hausse.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Koffi Alexis Amani, comme de nombreux autres planteurs, a vu ses plantations affectées par ces changements, soulignant l’impact direct sur leur subsistance. La situation est d’autant plus préoccupante que le cacao représente 40 % de la production mondiale et 15 % du PIB national, assurant la survie de près de cinq millions de personnes.

Face à cette crise, le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) a développé des variétés de cacao plus résistantes à la sécheresse. Ces efforts s’inscrivent dans un contexte de demande croissante, notamment en Europe, qui concentre 70 % des exportations ivoiriennes. Les scientifiques du CNRA, basés à Divo, ont combiné différentes variétés pour créer 11 variétés prometteuses, actuellement en phase de test.

Maryse Assi, agronome au CNRA, explique que la diminution des précipitations, passant d’une moyenne de 1200 à 2000 mm par an à seulement 1100 mm entre 2003 et 2022, affecte la floraison et la fructification des cacaoyers. « Quand il ne pleut pas, les branches sont sèches, les feuilles se plient et les cabosses sont petites, » témoigne Anselme Kouakou, un producteur local qui a déjà subi des pertes financières considérables.

Pour pallier ces difficultés, Koffi Alexis Amani utilise l’agroforesterie, une technique consistant à associer plusieurs espèces végétales. Cette méthode, soutenue par le CNRA, permettrait aux nouvelles variétés résistantes de tenir jusqu’à 25 ans, contre 5 à 10 ans dans des conditions isolées.

Les projections climatiques sont alarmantes : les températures pourraient augmenter de 1,7°C à 3,7°C d’ici 2080. Sans mesures d’adaptation, la production de cacao pourrait chuter de 20 % d’ici 2050. Le gouvernement ivoirien a réagi en annonçant la création d’un institut dédié à la recherche sur le cacao et le café à Divo, soulignant l’importance cruciale de l’innovation pour l’avenir de la filière.