COP31 : Le débat sur la présence des lobbyistes du secteur pétrolier s’intensifie
La présence de lobbyistes du secteur des énergies fossiles lors des conférences sur le climat suscite de vives inquiétudes. Selon Pascoe Sabido, chercheur et militant chez 'Corporate Europe Observatory', « Il y avait des milliers de lobbyistes sur les trois dernières COP ».
Ces acteurs, dont l’intérêt commercial réside dans le maintien de l’utilisation des énergies fossiles, sont accusés de potentiellement ralentir les négociations climatiques. Nadia Cornejo, porte-parole de Greenpeace, s’interroge : « Au fil des COP, on se rend compte qu’il y a quand même un problème ».
Des voix s’élèvent pour exiger l’interdiction de ces lobbyistes lors de la prochaine Conférence pour le Climat, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. Le nombre de lobbyistes présents a diminué, passant de 132 lors de la COP 28 à 84 lors de la COP30, mais Pascoe Sabido insiste : « Maintenant, c’est le moment pour que ce nombre soit amené à zéro ». Il plaide pour un « cordon sanitaire » de la part de l’Union européenne et de ses États membres.
Initialement, les COP visaient à inclure toutes les parties prenantes, même celles n’ayant pas nécessairement intérêt à une politique climatique mondiale. La Belgique, comme les autres États membres, autorise la participation de représentants via le système de 'party overflow'. Une liste publique révèle que la Belgique compte le plus de représentants du secteur des énergies fossiles en Europe, après la France et l’Italie.
La participation à la délégation belge est soumise à une justification et à un code de conduite, signé par les représentants d’entreprises, les engageant à respecter les objectifs de l’Accord de Paris. Le cabinet de Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, souligne que l’accès à la COP peut être suspendu en cas de manquement.
L’ONG 'Corporate Europe Observatory' critique le manque de transparence concernant ce code de conduite et s’interroge sur l’engagement réel des entreprises comme Total dans la transition énergétique. Des accusations de chantage sont également formulées, où les entreprises conditionnent leur investissement à l’accès aux COP.
Les lobbyistes justifient leur présence en affirmant qu’ils doivent pouvoir contribuer aux discussions sur l’avenir climatique, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des objectifs climatiques. Cependant, Pascoe Sabido révèle que les entreprises accréditées bénéficient d’un accès privilégié à des espaces réservés aux gouvernements et aux négociateurs, leur permettant de converser librement avec des acteurs clés.
Fluxys, groupe énergétique belge, ne participera pas à la prochaine COP. La Belgique a déjà pris des mesures, la Commission européenne n’invitant plus de lobbyistes liés aux énergies fossiles. Nathan Stewart, coordinateur chez Fossil Free Politics, souligne l’urgence de la situation, soulignant les profits records des six plus grandes compagnies pétrolières, en contraste avec les vagues de chaleur et la crise énergétique.