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Environnement

COP31 : Le Canada prépare sa participation malgré des revirements climatiques

Le Canada se prépare à participer à la COP31, la prochaine conférence annuelle de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris de 2015, qui se tiendra prochainement. Une réunion d’information technique a été organisée lundi par des responsables gouvernementaux pour préparer les journalistes à cet événement majeur.

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Illustration Fil Clair.

L’Accord de Paris, qui engage les signataires à limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C, idéalement 1,5°C, est aujourd’hui difficilement atteignable, selon un récent rapport de l’ONU. La COP31 sera l’occasion de discuter des stratégies pour minimiser le réchauffement, même si l’objectif initial semble compromis.

Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, participera à la première semaine des négociations en Turquie, où elle coprésidera une réunion ministérielle dans le cadre du Global Methane Pledge, une initiative regroupant 159 pays pour réduire les émissions mondiales de méthane de 30 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2020. Cette initiative a été lancée par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lors de la Semaine d’action climatique de Londres.

Le Canada entend promouvoir la réduction des émissions de méthane lors de la COP31, soulignant son efficacité et son coût relativement faible. Un rapport récent de l’Institut climatique du Canada a mis en évidence la réduction des émissions fugitives de méthane comme facteur clé de la performance améliorée du secteur pétrolier et gazier canadien en 2025, malgré une augmentation de la production.

Cependant, le Canada a reporté la mise en œuvre de sa propre réglementation sur le méthane, suscitant des critiques de la part des organisations environnementales, dont la Fondation David Suzuki et Ecojustice. Ces dernières ont exprimé leurs préoccupations quant aux reculs du gouvernement en matière de protection de l’environnement et d’atteinte des objectifs climatiques.

Le commissaire à l’environnement du Canada a également relevé l’abandon des travaux relatifs à l’interdiction de l’exportation de charbon thermique, initialement prévue en 2021, sans directive claire. Le gouvernement justifie cette suspension par des coupes budgétaires, bien que des alternatives non réglementaires, moins contraignantes, soient à l’étude.

Malgré ces défis, des responsables gouvernementaux affirment que le Canada reste un partenaire international crédible en matière de lutte contre le changement climatique. Toutefois, le pays est loin d’atteindre son engagement de réduire ses émissions de 40 % par rapport aux niveaux de 2005, et l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050 semble également hors de portée.

Les récentes décisions du gouvernement, notamment la suppression de la taxe carbone pour les consommateurs et l’abrogation de l’obligation de vente de véhicules électriques, ont été critiquées comme des reculs dans la politique climatique. Mark Carney, à l’origine de ces mesures, a justifié ces changements en estimant que la politique climatique précédente était trop coûteuse et divisante.