COP31 : L’ONU alerte sur le manque criant de financements pour l’adaptation climatique
Un nouveau rapport des Nations unies met en lumière un déficit alarmant dans les financements destinés à aider les pays en développement à faire face aux conséquences du réchauffement climatique. D’ici 2035, ces nations auront besoin de 305 milliards de dollars par an pour s’adapter, un montant près de dix fois supérieur aux aides actuellement fournies par les nations riches.
Cette situation cruciale sera au cœur des discussions lors de la COP31, qui se tiendra à Antalya, en Turquie, à partir de lundi prochain. L’adaptation climatique, qui englobe des mesures telles que la construction de digues, la promotion de cultures résistantes à la sécheresse et le renforcement des infrastructures, est vitale pour protéger les populations vulnérables.
Malgré les engagements pris, les financements n’ont progressé qu’uniquement d’environ un milliard de dollars en 2024, atteignant un total de 28,2 à 31,7 milliards de dollars, selon le rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ce chiffre est bien en deçà de l’objectif de 40 milliards de dollars fixé lors de la COP26 à Glasgow, visant à doubler les financements publics internationaux pour l’adaptation d’ici 2025.
Le PNUE qualifie ce déficit de « ahurissant », soulignant que pour chaque dollar nécessaire, les pays en développement n’en reçoivent que 10 cents. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé cet écart, le décrivant comme une perte en vies humaines, en moyens de subsistance et en opportunités.
Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, avertit que le monde n’est pas préparé aux conditions climatiques actuelles, et encore moins à celles qui résulteront d’un dépassement du seuil de 1,5°C de réchauffement. Elle appelle à un effort accru lors de la COP31 pour atteindre l’objectif de tripler les financements de l’adaptation d’ici 2035.
Le rapport souligne également que le financement seul ne suffit pas, et que des obstacles institutionnels entravent la mise en œuvre des mesures d’adaptation. Les dommages liés au changement climatique restent largement sous-évalués et insuffisamment financés. Concernant le fonds pour les « pertes et préjudices », créé lors de la COP27, les demandes de financement dépassent largement l’enveloppe initiale.
Koaile Monaheng, experte en financement climatique chez Greenpeace, insiste sur la nécessité d’augmenter immédiatement les financements sous forme de subventions. Elle conclut que chaque retard transforme les impacts climatiques en catastrophes. Antonio Guterres a résumé la situation : « Le choix est simple : investir dans l’adaptation aujourd’hui ou payer le prix de la catastrophe demain. »