Le Sénat alerte sur les risques économiques : récession et crise de financement possibles en 2027
Dans un rapport général sur le contexte économique et financier adopté ce mercredi 4 novembre, Christine Lavarde (Les Républicains) a exprimé de sérieuses préoccupations quant aux fragilités des textes budgétaires.
« Construire un budget sur une hypothèse optimiste, c’est prendre le risque d’une nouvelle désillusion. L’optimisme n’est pas une stratégie budgétaire », a déclaré la rapporteure générale du budget au Sénat, soulignant que le gouvernement prévoit une croissance de seulement 1 % pour 2027.
Le rapport sénatorial souligne que la croissance a peu de chances de s’accélérer l’année prochaine, en raison de facteurs tels que la politique monétaire restrictive, les risques liés au climat, les tensions géopolitiques et la possibilité d’un effondrement de la bulle financière de l’intelligence artificielle.
Selon Christine Lavarde, la France se situe entre le scénario défavorable et le scénario très défavorable des prévisions macroéconomiques de la Banque de France, ce qui ne permet pas d’exclure une récession en 2027.
Bien que les recettes fiscales devraient augmenter de 18 milliards d’euros, la sénatrice des Hauts-de-Seine a mis en garde contre l’état « rare décrépitude » des finances publiques, ce qui rend les marges de manœuvre budgétaires inexistantes. Elle a ajouté que le risque d’une intervention de la Banque Centrale Européenne (BCE) ou d’une crise de financement ne peut plus être écarté, compte tenu de la dette et de la possible hausse des taux.
Christine Lavarde a également critiqué la dépendance excessive du redressement budgétaire aux prélèvements obligatoires plutôt qu’aux économies.
Le projet de budget prévoit une augmentation des recettes fiscales de 18 milliards d’euros, principalement due à la création ou à la prolongation d’impôts. Cette augmentation ne compenserait cependant pas la dégradation du déficit, qui témoigne des difficultés croissantes de l’État à maîtriser son budget.
Les dépenses publiques continuent d’augmenter, et les effectifs de l’État devraient encore progresser en 2027, malgré les efforts de Bercy pour réduire les emplois.