Mercredi 4 novembre 2026 En continu
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Économie

Thérapie personnalisée contre le mélanome : Moderna et Merck affichent des résultats prometteurs, mais des défis industriels se profilent

Une nouvelle thérapie anticancéreuse personnalisée, développée conjointement par Moderna et Merck, a franchi une étape significative lors d’essais cliniques, mais son succès commercial dépendra de la capacité à la produire à grande échelle et de l’approbation des autorités de santé. Les données détaillées de l’essai INTerpath-001, présentées au congrès européen d’oncologie le 24 octobre 2026, ont été mises en évidence par Merck dans ses résultats financiers trimestriels, publiés le 29 octobre.

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Illustration Fil Clair.

L’étude de phase 3 a combiné l’intismeran autogene, une thérapie expérimentale à ARNm adaptée à chaque patient, avec l’immunothérapie Keytruda. Cette combinaison a réduit de 42 % le risque de récidive du mélanome ou de décès par rapport à Keytruda seul, chez des patients dont la tumeur a été entièrement retirée par chirurgie.

L’essai INTerpath-001 a impliqué 1 137 patients. Après un suivi médian de 24,6 mois, 82,2 % des patients ayant reçu l’intismeran et Keytruda étaient toujours en vie sans récidive après deux ans, contre 70 % dans le groupe témoin. Le risque de métastases à distance ou de décès a également diminué de 38 %.

L’intismeran est fabriqué sur mesure, en se basant sur les caractéristiques génétiques de la tumeur de chaque patient. Cette approche permet de sélectionner des mutations spécifiques et de produire un ARNm codant jusqu’à 34 néoantigènes. Contrairement aux médicaments produits en masse, chaque dose doit être individualisée, ce qui pose des défis industriels considérables en termes de séquençage, de fabrication, de contrôle qualité et de logistique.

Merck a enregistré un chiffre d’affaires mondial de 18,1 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, en hausse de 5 % sur un an. Keytruda et sa formulation Keytruda Qlex ont généré 8,6 milliards de dollars de ventes trimestrielles, soit une augmentation de 6 %. L’association des deux traitements pourrait étendre les indications de Keytruda après une intervention chirurgicale, tandis que pour Moderna, elle représente une diversification au-delà des vaccins.

Les prochaines étapes incluent l’évaluation réglementaire, le suivi des patients et le développement d’une chaîne de fabrication individualisée économiquement viable. Les résultats observés dans le mélanome ne sont pas nécessairement transposables à d’autres types de cancers, et des essais cliniques supplémentaires sont en cours.