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Économie

Colis en provenance de Chine : une double taxation impacte les consommateurs

À partir du 1er novembre 2026, les acheteurs en ligne se voient imposer une double taxation sur les colis originaires de Chine. S’ajoutant aux 3 euros de droits de douane mis en place en juillet 2026, 2 euros de frais de traitement par catégorie d’articles sont désormais applicables. Cette mesure affecte particulièrement les 5,9 milliards de colis transitant vers l’Europe chaque année, dont la grande majorité (93 %) provient de Chine.

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Illustration Fil Clair.

Le droit de douane forfaitaire de 3 euros, instauré depuis le 1er juillet 2026, vise à corriger une exemption fiscale accordée aux plateformes chinoises. Suite à son application, le volume de colis importés avait chuté de 64 % entre juin et fin août 2026, illustrant son effet dissuasif. Ces frais ont été répercutés sur les consommateurs, soit par augmentation des prix, soit par l’ajout de lignes tarifaires spécifiques.

La nouveauté de novembre 2026 réside dans l’instauration de 2 euros de frais de traitement par catégorie d’articles présents dans un colis. Un colis contenant, par exemple, un t-shirt et des boucles d’oreilles, génère ainsi 4 euros de frais de traitement, auxquels s’ajoutent les 3 euros de droits de douane. Ces frais, selon le site Service Public, sont destinés à financer le renforcement des contrôles douaniers, rendu nécessaire par le taux élevé (60 %) d’articles non conformes détectés lors de récentes vérifications européennes.

Les droits de douane et les frais de traitement répondent à des objectifs distincts. Les premiers compensent l’entrée de marchandises étrangères, tandis que les seconds financent les contrôles et la conformité aux normes européennes. Ils ne se substituent pas l’un à l’autre, mais s’additionnent. Le montant des frais de traitement sera réévalué tous les deux ans. Un système de frais réduits est prévu pour les colis transitant par des entrepôts spécialisés à partir du 1er juillet 2028, date à laquelle la taxe de 3 euros disparaîtra au profit d’un nouveau mécanisme tarifaire.

Pour illustrer l’impact financier, une commande Shein comprenant deux robes (15 euros chacune), un collier (5 euros) et une ceinture (8 euros) coûterait désormais 50 euros, frais de port non compris, en raison des 4 euros de frais de traitement (deux catégories) et des 3 euros de droits de douane. Un colis contenant uniquement des vêtements ne générerait que 2 euros de frais, tandis qu’un panier mixte pourrait entraîner 6 euros de frais de traitement et 3 euros de droits de douane.

Face à cette double taxation, les plateformes chinoises adoptent des stratégies diverses. Shein a ouvert un entrepôt en Pologne pour contourner partiellement la taxe, tandis que Temu propose des réductions ciblées. AliExpress augmente ses capacités d’entreposage locales tout en critiquant l’impact de cette mesure sur les ménages à faibles revenus. Les prix affichés intègrent progressivement ces surcoûts, rendant les promotions moins attractives.

Certaines plateformes incluent désormais les taxes dans les frais de port, qui peuvent atteindre 5 à 8 euros. D’autres affichent une ligne « taxes européennes » au moment du paiement, ce qui, bien que plus transparent, peut décourager certains acheteurs. Selon la réglementation européenne, ces frais doivent être payés par les plateformes, les vendeurs ou les transporteurs, mais en réalité, ils sont répercutés sur les consommateurs. Le député européen Dirk Gotink justifie cette mesure comme une réponse à un modèle économique problématique, et les recettes générées (6 milliards d’euros annuels entre 2028 et 2034) serviront à financer les douanes européennes. En résumé, chaque colis coûte désormais entre 5 et 9 euros de plus, affectant particulièrement les achats de faible valeur.