Nouvelles mobilisations étudiantes et lycéennes avant une large journée de grève nationale
Malgré les récentes annonces gouvernementales jugées insuffisantes, les organisations de jeunesse maintiennent la pression et appellent à de nouvelles actions. Des blocages massifs sont prévus dans les établissements d’enseignement supérieur et lycées mardi, en préparation de la mobilisation interprofessionnelle nationale prévue jeudi, axée sur le pouvoir d’achat.
Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante, insiste sur la continuité de la mobilisation : « Le mouvement ne s’arrête pas. Les étudiants continuent de vouloir se mobiliser. » Elle souligne la nécessité de maintenir la pression sur le gouvernement, notamment à Matignon, pour obtenir des engagements concrets.
Lundi, environ 15 % des établissements de l’enseignement supérieur ont subi des perturbations, selon le gouvernement. Du côté des lycées, des blocages et des poubelles incendiées ont été signalés dès le retour des vacances de la Toussaint. Natie, élève en première au lycée Rive gauche de Toulouse, explique : « On a voté une semaine noire et on sera à la manif du 5 novembre. On va organiser un cortège lycéen. » Une centaine d’étudiants de son lycée prévoit un blocage toute la semaine.
Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 41 établissements bloqués lundi, un chiffre contesté par l’Union syndicale lycéenne (USL), qui en évalue environ quatre fois plus. Une intensification des actions est attendue mardi.
Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef, appelle à une mobilisation « frontale » mardi, qui devrait se poursuivre jusqu’à jeudi, journée de grève et de manifestation interprofessionnelle. « Là, on espère que ce sera massif, » déclare-t-elle.
En réponse aux protestations, le gouvernement a annoncé la semaine dernière des mesures, dont le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, ainsi que l’annulation de suppressions de postes, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Le Premier ministre a également demandé au ministre de l’Éducation nationale de répondre aux besoins des 200 lycées les plus défavorisés.
Ces mesures sont jugées par les organisations de jeunesse comme un « premier pas » insuffisant, et nécessitent un travail plus approfondi sur des sujets tels que le contrôle continu et le temps scolaire. L’intersyndicale réclame un investissement de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur, ainsi que l’abrogation pure et simple de Parcoursup.
Jeudi, lycéens et étudiants devraient se joindre à la journée de mobilisation pour le pouvoir d’achat, qui réunira salariés du privé, fonctionnaires et retraités. Le parcours de la manifestation à Paris n’a pas encore été validé par les autorités, qui ont restreint les défilés en centre-ville depuis les émeutes du 17 octobre.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, souligne l’importance de connaître les parcours à l’avance pour assurer la sécurité de la manifestation. Le collectif Interfac Île-de-France a vu sa manifestation de mardi interdite et conteste cette décision devant les tribunaux.