Montauban : Un tribunal ordonne à TikTok de retirer des contenus diffamatoires
Un ancien animateur périscolaire de Montauban a obtenu gain de cause devant le tribunal judiciaire pour contraindre TikTok à supprimer des publications compromettantes. Ces contenus, diffusés suite à des révélations concernant des accusations de détention d’images pédopornographiques et d’agressions sexuelles, ont exposé son identité et sa photo, suscitant des menaces de mort sur les réseaux sociaux.
Son avocate, Me Imane Krimi, avait sollicité une mesure d’urgence pour faire cesser cette diffusion. Le président du tribunal judiciaire de Montauban, Alain Fouquet, a estimé qu’il était nécessaire de protéger l’homme, présumé innocent, face à la « vindicte populaire ».
Le tribunal a ordonné à TikTok de retirer trois publications spécifiques, sous astreinte financière de 300 euros par jour de retard, applicable dès le troisième jour suivant la notification de la décision, et pour une durée maximale de trois mois. La plateforme est également condamnée à payer les frais de justice et une indemnité de 600 euros pour les frais d’avocat. Cette décision est immédiatement exécutoire.
La procédure a été déclenchée par la publication, le 19 octobre 2026, de messages sur TikTok. Une mère d’élève avait notamment affiché le nom complet de l’animateur sur une capture d’écran d’un article de presse, et une autre publication diffusait sa photo de profil avec des accusations de « pédophile en liberté ».
L’homme, âgé de 27 ans et arbitre de football dans le Tarn-et-Garonne, s’était retranché chez lui, craignant pour sa sécurité physique.
L’animateur est poursuivi pour corruption de mineur, détention et diffusion d’images pédopornographiques, après son interpellation le 14 octobre 2026. La procureure de la République, Karline Bouisset, avait révélé la découverte de près de 250 fichiers pédopornographiques sur ses appareils. Son contrat a été rompu par la mairie de Montauban le 15 octobre.
Par ailleurs, le parquet de Montauban a confirmé la réception de quatre plaintes déposées par des familles d’élèves de la maternelle Hugues-Panassié, alléguant des agressions sexuelles sur des enfants âgés de 3 à 5 ans. Ces allégations font l’objet d’une enquête distincte.