France : Des négociations controversées avec les talibans pour les retours de migrants afghans
Le gouvernement français est engagé dans des discussions délicates avec les autorités talibanes afin de faciliter le renvoi de ressortissants afghans en situation irrégulière, a confirmé lundi le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Cette initiative, qualifiée de choix diplomatique polémique, suscite déjà de vives réactions politiques. La députée Léa Balage a dénoncé un « début de normalisation des relations diplomatiques » avec un régime accusé de crimes contre l’humanité, évoquant un « apartheid de genre ».
En réponse, le ministre a justifié cette démarche en soulignant que « l’Allemagne le fait » et en affirmant que certains individus concernés pourraient représenter une menace pour l’ordre public. Il a ajouté : « Un certain nombre d’entre eux [d’Afghans] peuvent constituer des menaces en matière d’ordre public, donc, c’est ma priorité aussi de veiller à ce qu’on puisse reconduire ces personnes ».
Des discussions « techniques » avec les talibans avaient été révélées début octobre par l’Agence France-Presse. Une source diplomatique a précisé que ces échanges ne remettent pas en question la position française, qui n’a pas de relations diplomatiques avec les talibans depuis leur prise de pouvoir en août 2021.
Le 31 août, l’Allemagne avait annoncé l’accueil de représentants talibans pour traiter de questions techniques et accélérer les expulsions. Une réunion similaire à Bruxelles en juin avait provoqué la colère d’associations de défense des droits humains et de groupes de gauche au Parlement européen.
Le Haut-Commissaire a exprimé sa vive inquiétude face à « l’exclusion systématique des femmes et des filles de la vie publique, banalisée et institutionnalisée par les autorités », la qualifiant d'« apartheid fondé sur le genre ».
Depuis leur retour au pouvoir en Afghanistan, les talibans ont instauré une interprétation stricte de la loi islamique, affectant particulièrement les femmes, à qui l’accès aux lieux publics, à la plupart des emplois et à l’éducation au-delà de 12 ans est interdit.