Baisse des prix du carburant : une application inégale qui suscite la colère
Malgré les annonces du gouvernement concernant une diminution des prix du gazole, la réalité sur le terrain s’avère contrastée, suscitant l’exaspération des automobilistes. Depuis le 1er novembre, une baisse de 12 à 18 centimes par litre était attendue grâce à la libération des réserves stratégiques.
À Saint-Grégoire, près de Rennes, une station Leclerc affiche une réduction de 21 centimes, attirant une file d’automobilistes désireux de profiter de ce prix abaissé à 2,19 euros. Estelle, l’une d’entre eux, témoigne : « J’ai poussé jusqu’à la réserve pour attendre la baisse du gazole. Je vais économiser quelques euros, c’est déjà ça. » Cependant, elle s’interroge sur l’uniformité de cette baisse, constatant des disparités entre les stations.
Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, « plus de la moitié » des stations auraient appliqué la réduction ce lundi matin. Or, la station TotalEnergies de l’avenue Charles Tillon maintient son prix à 2,25 euros, tandis que la station Super U du centre commercial Grand Quartier affiche encore 2,40 euros.
Ces différences alimentent la colère de Yohann, ancien « Gilet jaune », qui s’indigne : « On se moque des gens, franchement. Quand on nous dit que le prix du baril va augmenter, on voit tout de suite la différence. Mais quand il faut baisser, là, on ne voit rien. » Il parcourt quotidiennement 40 km pour se rendre au travail, et sa femme, presque autant. « On lâche plus de 200 euros d’essence chacun rien que pour venir bosser. C’est une folie. »
Suzanne, sous pseudonyme, exprime son scepticisme : « Le gouvernement nous prend pour des imbéciles. Ça fait des mois qu’ils auraient dû baisser les prix. » Fabrice partage cette inquiétude quant à un retour à des prix inférieurs à 2 euros. Face à cette situation, un retraité a trouvé une solution alternative : utiliser un mélange de bioéthanol dans son Berlingo essence.
Inès, étudiante, déplore ne pas bénéficier de cette baisse, étant consommatrice d’essence. Carla, de passage en Bretagne, s’est déjà résignée à dépenser une somme considérable pour ses déplacements. La mesure gouvernementale, censée apaiser la contestation, semble loin de satisfaire les automobilistes, qui aspirent à un retour à des prix plus abordables.