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Société

Augmentation des effectifs universitaires : le défi des ressources humaines et des salaires

Face aux demandes croissantes de places supplémentaires à l’université, formulées par des mouvements de gauche et des lycéens, la question des moyens humains se pose avec acuité. Les établissements d’enseignement supérieur s’appuient déjà sur un vivier de près de 150 000 enseignants vacataires, souvent confrontés à une précarité importante.

Illustration
Illustration Fil Clair.

L’université dispose-t-elle réellement des ressources nécessaires pour accueillir davantage d’étudiants dans ces conditions ? Carina Bury, docteur en droit, chargée d’enseignement à Paris1 et à Nanterre Université et cofondatrice du collectif #JeSuisLéa, a déclaré le 2 novembre sur franceinfo : « On n’a pas suffisamment de places à l’université parce qu’il n’y a pas suffisamment de postes à l’université. » Elle souligne que le nombre de maîtres de conférence a diminué de 40 % depuis 2009, rendant difficile l’accès à un poste stable pour des candidats qualifiés.

En tant qu’enseignante vacataire, Carina Bury décrit une situation de « précarité extrême ». Elle explique que la rémunération des vacataires est basée sur un système datant de 1989, et tourne autour de 40 euros brut de l’heure. Cependant, ce montant ne prend en compte que les heures passées en présence des étudiants. La correction des copies, la préparation des cours et la surveillance des examens ne sont pas rémunérées, ce qui ramène le salaire horaire effectif à un niveau inférieur au SMIC, estimé entre 3 et 4 euros par heure en tenant compte du temps de travail réel.

Carina Bury critique la réponse politique consistant à invoquer la crise économique pour justifier des coupes budgétaires, soulignant que l’État dispose de ressources importantes, comme les 16,5 milliards d’euros alloués chaque année à l’aide à l’apprentissage, ou les plus de 7 milliards d’euros consacrés au crédit d’impôt recherche. Elle dénonce le fait que l’université s’appuie de plus en plus sur les vacataires pour assurer son fonctionnement, ce qui constitue, selon elle, une dérive.

Elle dénonce également les conditions de travail, évoquant des locaux vétustes et des sanitaires insalubres. Cette semaine, elle annonce une saisine de la Commission européenne pour contester la légalité des contrats précaires, ainsi qu’une démarche auprès de la rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur l’Éducation.