Paris appelle à une alliance entre Lisnard et Glucksmann face aux extrêmes
Le président Emmanuel Macron souhaite voir les forces politiques allant de David Lisnard à Raphaël Glucksmann collaborer dans le cadre d’une « logique de coalition » afin d’éviter un face-à-face entre les mouvements extrémistes au second tour de la présidentielle, a révélé jeudi une source proche de l’Élysée à l’Agence France-Presse.
Selon cette source, le chef de l’État refuse d’envisager un duel entre le Rassemblement National et La France Insoumise, et considère que les convergences entre les programmes de Lisnard et Glucksmann sur des sujets clés comme l’Europe, l’État de droit et l’économie de marché, dépassent leurs divergences.
« Dans un contexte de tripartisme, ces forces doivent assumer qu’elles auront à travailler ensemble et le faire dès aujourd’hui dans une logique de coalition », a affirmé la source. La question de la direction de cette coalition et du mode de désignation du candidat qui l’incarnera reste à déterminer.
Emmanuel Macron a toujours déclaré ne pas intervenir directement dans les campagnes électorales, tout en se présentant comme garant d’un scrutin équitable. La lutte contre les extrêmes demeure une priorité pour l’exécutif, conscient des risques liés à une possible victoire de Marine Le Pen, qui pourrait marquer la fin d’une décennie de politique macronienne.
Confronté à des difficultés pour former des alliances stables depuis les élections législatives de 2022 et l’échec de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, le président Macron n’a pas lui-même réussi à rassembler de telles coalitions.
Les candidats de la droite et du centre, tels que Raphaël Glucksmann, peinent actuellement à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, en raison d’une polarisation marquée du paysage politique.
Dans le camp présidentiel, Edouard Philippe et Gabriel Attal restent en lice, malgré les appels à une candidature unique, tout en maintenant une distance avec Emmanuel Macron. Un proche de l’Élysée a souligné que le président ne sera pas candidat, ce qui permet aux autres prétendants de se démarquer et d’assumer pleinement leurs responsabilités.
Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, a relancé mardi l’idée d’une primaire pour désigner un candidat unique de la droite et du centre, exerçant une pression supplémentaire sur Edouard Philippe, seul à s’y opposer jusqu’à présent.