Israël : L’opposition s’active après les élections législatives
Les élections législatives israéliennes, qui ont empêché le Premier ministre Benyamin Netanyahu d’obtenir une majorité, ont ouvert la voie à une offensive de l’opposition. Gadi Eisenkot, dirigeant du parti Yashar, ambitionne d’exploiter les 67 sièges anti-Netanyahu à la Knesset pour initier une commission d’enquête concernant les événements du 7 octobre et imposer la conscription universelle.
Selon Gadi Eisenkot, le résultat des élections est clair : le pouvoir sortant a été rejeté par les électeurs. Avant même la formation d’une coalition gouvernementale, il souhaite utiliser son influence parlementaire pour agir rapidement. Ses priorités incluent la création d’une commission d’État d’enquête sur les défaillances du 7 octobre, l’obligation du service militaire pour les ultra-orthodoxes et le remplacement d’Amir Ohana, le président de la Knesset, afin de contrer les actions du Likoud.
Pour constituer une majorité de blocage, l’opposition doit s’appuyer sur le soutien des 19 députés issus des formations arabes. Menachem Klein, politologue de l’université Bar-Ilan, analyse cette situation inédite.
« Ce que nous avons observé lors des élections, c’est une mobilisation des Palestiniens d’Israël pour se protéger, explique-t-il. Et maintenant, nous voyons le début d’une prise de conscience chez certains Juifs qui réalisent que seuls les Palestiniens d’Israël, eux et les Palestiniens d’Israël, peuvent les sauver – sauver la démocratie. Il existe ici une interdépendance pour la survie des deux communautés. »
Face à la perspective d’une paralysie institutionnelle, l’opposition envisage même le retour à une élection directe du Premier ministre, une tentative qui avait déjà échoué par le passé.
Samedi soir, une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Tel-Aviv, appelant l’opposition à s’allier avec les partis arabes afin de destituer le Premier ministre sortant. Des pancartes affichaient des messages tels que « Les Arabes et les Juifs ne gagneront qu’ensemble » et « Sauvons la démocratie israélienne ».