Après un tir de grenade lacrymogène à Mulhouse, une étudiante témoigne : « Je ne méritais pas cela »
Maïssa, une étudiante de 18 ans, a décrit avec émotion les conséquences d’un tir de grenade lacrymogène qu’elle a subi le 17 octobre dernier à Mulhouse (Haut-Rhin). « J’ai rien entendu et d’un coup, j’ai reçu un impact à l’œil, une vive douleur », a-t-elle confié à France Info.
La jeune femme a perdu son œil gauche suite à cet incident, alors qu’elle se trouvait, avec ses amies, dans un cortège de manifestation. Elles s’y étaient retrouvées après une sortie shopping et un repas. Maïssa se souvient d’une ambiance festive, animée par de la musique et la présence de personnes diverses.
La situation a rapidement dégénéré. Sans avoir perçu les sommations, elle a été touchée à l’œil par une grenade lacrymogène. « Quand j’ai enlevé la main de mon œil, j’ai vu du sang et c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que c’était grave », a-t-elle déclaré, portant encore un bandage et une protection sur son œil.
Malgré deux opérations, dont une le jour de ses 18 ans, Maïssa ne retrouvera pas la vue dans son œil gauche et a subi une fracture du plancher orbital. Elle exprime désormais une peur intense lorsqu’elle se promène dans sa ville, craignant de perdre un deuxième œil. Elle souffre également de migraines et de fatigue chronique, ce qui l’empêche de reprendre ses études pour le reste de l’année.
« J’aimerais que ça change, qu’on enlève ces armes », a-t-elle affirmé. Elle envisage de témoigner devant la commission d’enquête parlementaire sur le 17 octobre et souhaite faire interdire les armes similaires à celle qui l’a blessée. Elle a été reçue à l’Assemblée nationale par trois députés de La France insoumise.
Sa mère, Cindy, appelle à « justice soit faite » et souhaite que le responsable du tir soit démis de ses fonctions. Maïssa a déposé plainte auprès de l’IGPN le 28 octobre. L’enquête, visant à déterminer les circonstances exactes de l’incident, n’a pas encore permis d’identifier l’auteur du tir. L’avocat de Maïssa, Maître Brunisso, qualifie le tir de grenade lacrymogène d’illégal et réclame la suspension du policier impliqué.