Tigré : Quatre ans après l’accord de Pretoria, l’attente des déplacés persiste
Quatre ans se sont écoulés depuis la signature de l’Accord de paix de Pretoria, qui avait mis fin au conflit au Tigré. Malgré cet accord, plus de 750 000 personnes restent déplacées et aspirent à regagner leurs foyers. Beaucoup ont été chassées du Tigré occidental, une région désormais sous l’administration de la région voisine de l’Amhara.
Le camp de Seba Kare, situé à proximité de Mekelle, la capitale régionale, abrite près de 50 000 de ces personnes déplacées. Les conditions de vie y sont précaires, avec une distribution alimentaire de plus en plus limitée, coordonnée par l’ONG américaine Catholic Relief Service. « La dernière aide a été distribuée il y a plus d’un mois. Tout le monde se plaint, car nous sommes tous dans la même situation. Nous avons tous besoin de nourriture. Je me demande comment on peut laisser les gens dans cet état, sans rien », témoigne Hiwot, mère d’une enfant de 11 ans qui a ouvert un petit café dans le camp pour subvenir à ses besoins.
La reprise de Mekelle par l’armée fédérale, le 3 octobre, a ravivé l’espoir du retour au Tigré occidental pour Selam, qui prépare de l’injira, une galette éthiopienne traditionnelle. « On nous répète depuis des années la même chose : 'Vous rentrerez chez vous avant le 30 juin, et la saison des pluies', mais cette fois, il semblerait que ce soit vrai. Je prie pour que ce soit le cas, et j’espère pouvoir partir bientôt. Nous retournerions tous ensemble, avec mes parents. »
Une fois de retour à Kefta Humera, sa ville natale, Selam souhaite reprendre ses études d’infirmière, interrompues par le conflit.