Fin de la trêve humanitaire en Ukraine, orchestrée par Melania Trump, après une évacuation de près de 800 personnes
La trêve la plus longue observée dans le conflit ukrainien, limitée à une zone de la région de Kherson et négociée avec la participation de la première dame américaine, Melania Trump, s’est achevée ce dimanche.
Melania Trump a annoncé sur les réseaux sociaux : « LE HAUT-LE-FEU EST TERMINÉ. La mission a été un succès, fournissant une aide cruciale à la région et permettant l’évacuation de près de 800 personnes. » Elle a ajouté : « Au nom des États-Unis, je félicite la Russie et l’Ukraine pour leur leadership et leur coopération autour du cessez-le-feu d’Oleshky. J’espère qu’Oleshky servira de base à une paix durable entre les deux nations. » Le cessez-le-feu avait débuté le 27 octobre 2026 et s’est terminé le 1er novembre 2026, comme prévu.
Cette pause inhabituelle, après plus de quatre ans et demi de combats, a permis l’envoi d’une mission humanitaire dans la ville d’Oleshki, occupée par la Russie depuis 2022. Le défenseur du peuple ukrainien, Dmytro Lubinets, a déclaré : « Le cessez-le-feu, qui a duré du 27 octobre au 1er novembre, est terminé. »
Selon une source de la présidence ukrainienne, Kiev a présenté « une proposition pour prolonger » le cessez-le-feu, mais « les Russes ne veulent pas », a affirmé cette source à l’AFP.
Aucune des parties n’a signalé de violations du cessez-le-feu depuis son entrée en vigueur, ce qui a été décrit par un parlementaire ukrainien comme « la plus grande désescalade depuis 2022 ».
Pour les habitants de Kherson, qui vivent sous le feu croisé, cette trêve a été une bouffée d’air frais. « Nous devons profiter de ce temps pour faire des choses », a déclaré Volodimir Omeltchenko, jardinier de 38 ans.
Le conflit, déclenché en 2022 par l’invasion russe, a dévasté des régions de l’est et du sud de l’Ukraine, causant des centaines de milliers de morts et forçant des millions de personnes à quitter leur foyer.
L’évacuation volontaire vers l’Ukraine ou la Russie a été possible grâce au cessez-le-feu, négocié par la première dame américaine, Melania Trump. Certains ont profité de la trêve pour retourner dans leurs foyers à Kherson. Yulia Mayfeld, par exemple, est revenue dans la région pour la première fois depuis cinq ans, avec ses enfants, après avoir fui vers Odesa.
Ses filles jumelles, Sofia et Victoria, âgées de neuf ans, « ne se souviennent pas vraiment de ce que c’était », explique-t-elle. Leur fils Pavlo, 11 ans, se souvient de son dernier anniversaire parmi ses amis d’enfance.
La famille avait prévu de retourner à Odesa et de « tourner la page de Kherson », a déclaré la mère.
Un officier militaire ukrainien, sous couvert d’anonymat, a exprimé ses inquiétudes quant à une possible intensification des combats après la fin de la trêve, soulignant que les forces russes avaient profité de cette période pour concentrer de nouvelles troupes, déplacer des munitions et recueillir des informations sur les positions ukrainiennes grâce à des drones.
En dehors de Kherson, les combats ont continué. La Russie a affirmé qu’un drone avait frappé une « entreprise industrielle » à l’est de Moscou. Des médias ukrainiens ont rapporté une attaque contre la raffinerie de pétrole de Kstovo.
Le président américain, Donald Trump, a exhorté Kiev à cesser ces attaques, les jugeant responsables de la hausse des prix du diesel, attribuée à la guerre avec l’Iran.
Le ministère ukrainien de l’énergie a signalé de nouvelles coupures de courant dans tout le pays, y compris à Kiev, en raison des attaques russes. Des responsables installés par Moscou dans les zones occupées de l’Ukraine ont annoncé la mort de cinq personnes dans des attaques de Kiev.
La Force aérienne ukrainienne a dénoncé un piratage de son système d’alerte en cas d’attaques russes, après la diffusion de fausses alertes concernant une menace de radiation.