La rentrée scolaire s’annonce tendue : les élèves maintiennent la pression sur le gouvernement
La reprise des cours après les vacances de la Toussaint, prévue lundi, se déroulera dans un climat de tension. Les organisations étudiantes et lycéennes ont l’intention de poursuivre le mouvement de protestation qui dure depuis six semaines, malgré les concessions récemment annoncées par le gouvernement.
Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens!, a affirmé dimanche que des blocages seraient mis en place dès lundi. L’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante ont également appelé à de nouvelles actions de blocage mardi et jeudi, en marge des manifestations des gilets jaunes.
L’Unef a, quant à elle, lancé un appel à l’action pour lundi 2 novembre dans toutes les universités, considérant que le 3 novembre serait une journée de mobilisation massive avec des blocages de facultés et de lycées à travers le pays.
La semaine dernière, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur avaient présenté une série de mesures destinées à apaiser la crise, incluant le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes d’enseignants, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Le Premier ministre a également demandé au ministre de l’Éducation nationale de répondre aux préoccupations des 200 lycées les plus défavorisés, identifiés lors d’une plateforme de concertation.
Bien que ces mesures soient considérées comme un « premier pas » par les organisations de jeunesse, elles sont jugées insuffisantes. Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’USL, a souligné que ces avancées, bien que modestes, démontrent l’efficacité de la mobilisation.
Coppélia Moreau, membre d’Interfac Île-de-France, a également affirmé que la colère persiste et que l’engagement des élèves reste fort. Le collectif prévoit une nouvelle manifestation à Paris mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.
Mélia, élève de première au lycée Rostand de Dreux, a admis que les blocages pèsent, ayant déjà manqué 26 heures de cours. Cependant, elle reste déterminée à reprendre les manifestations. Maxime, élève de terminale dans l’Essonne, a exprimé sa volonté de continuer à se mobiliser pour le bien des autres, même si son lycée n’est pas le plus touché.
Les chefs d’établissement s’inquiètent de la reprise des cours et anticipent une situation incertaine. Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat ID-FO, a souligné l’inquiétude de la profession, épuisée par les semaines de blocage. Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris, craint des incidents entre les élèves souhaitant bloquer l’accès aux établissements et ceux qui veulent y entrer.
La police renforcera ses effectifs pour assurer la sécurité des établissements scolaires et accompagner la communauté éducative, suite aux violences observées lors des précédentes mobilisations.
L’entourage d’Emmanuel Macron a estimé que le retour en classe était une étape nécessaire, tout en reconnaissant que ce type de mouvement ne se termine jamais de manière définitive. Marius Mesnil a précisé que si le gouvernement s’engage à prendre en compte leurs revendications, les élèves retourneront en cours.
L’intersyndicale, regroupant l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante, réclame notamment un investissement de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’enseignement supérieur ainsi que l’abrogation de Parcoursup.