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International

Le roi Charles III abordera l’héritage de l’esclavage lors du sommet du Commonwealth

Face à une pression grandissante concernant la responsabilité du Royaume-Uni dans l’esclavage, le roi Charles III, actuellement en visite dans les Caraïbes, s’apprête à s’exprimer avec transparence sur les aspects les plus sombres de l’histoire britannique. Cette annonce émane du palais de Buckingham, à l’approche du sommet du Commonwealth qui se tient cette année à Antigua-et-Barbuda, un État indépendant depuis 1981 et ayant aboli l’esclavage en 1834.

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Illustration Fil Clair.

Le roi Charles III doit prendre la parole mardi 3 novembre. L’intervention, selon les sources du palais, pourrait impliquer une forme de reconnaissance et de regret au nom du Royaume-Uni pour les siècles durant lesquels il a profité de l’esclavage. Cette démarche est attendue depuis longtemps, notamment par les nations affectées par la traite négrière, dont la Jamaïque est un ardent défenseur.

Bien que le Royaume-Uni se présente comme un acteur majeur dans l’abolition de l’esclavage, ayant interdit la traite négrière en 1807 et adopté une loi d’abolition globale en 1833 pour ses colonies, la question de la responsabilité historique reste au cœur des débats. Le Commonwealth, issu de l’ancien empire britannique, regroupe 56 États indépendants et souverains, représentant 2,8 milliards de personnes, dont certains considèrent encore le roi Charles comme chef d’État, comme au Canada et en Australie.

Selon le Premier ministre Andy Burnham, le gouvernement britannique est ouvert à une discussion sur ce sujet sensible. L’intervention royale, bien que symbolique, est strictement encadrée par les protocoles, le roi étant garant de l’unité du pays et ne pouvant agir sans l’aval du Premier ministre. Charles III avait déjà exprimé son « chagrin personnel » concernant cette période de l’histoire, et cette prise de parole publique marquera une étape importante. Chaque mot sera pesé, entre « pardon », « excuses » et « regrets », d’autant que certaines voix se font entendre pour demander des réparations financières. Pour l’instant, cette perspective n’est pas à l’ordre du jour pour les autorités politiques britanniques, d’autant que le débat sur la nature même de l’esclavage, crime contre l’humanité ou transgression des lois de l’époque, est complexe. Une résolution de l’ONU, portée par le Ghana en mars dernier, a d’ailleurs qualifié la traite des Africains réduits en esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité ». L’intervention du roi Charles pourrait influencer les débats futurs, et rappelle que la France est également concernée par cette question historique.