La dette publique française Sous pression : les marchés financiers S’inquiètent
Les taux d’intérêt à long terme de la dette publique française ont dépassé ceux des États-Unis, suscitant des inquiétudes sur les marchés financiers. Le taux français a atteint 5,098 %, légèrement supérieur au taux américain de 5,046 %, après avoir débuté la journée à 4,975 % et 5,1002 respectivement. Cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs, qui se traduit par des ventes d’obligations françaises et des achats d’obligations américaines.
Les marchés financiers, souvent considérés comme des indicateurs précoces de l’instabilité économique, surveillent de près ces tendances. Une augmentation des taux d’intérêt est généralement un signe avant-coureur de crise, bien que des exceptions existent, comme la bourse argentine en 2023 ou turque en 2026, qui peuvent temporairement augmenter en période de crise financière.
L’Indonésie illustre un autre risque : la possible exclusion de Jakarta de l’indice MSCI, ce qui a entraîné une chute de 12 % de la bourse locale le 19 octobre, et une baisse de 35 % sur un an. Cette exclusion pourrait couper le pays des flux d’investissements internationaux.
La fragilité de la dette française réside également dans la forte proportion détenue par des investisseurs étrangers. Ils détiennent 57,8 % des 2 680 milliards d’euros de dette publique à long terme (durée moyenne de 9 ans et 33 jours à la fin septembre) et 79,9 % des 218 milliards d’euros de dette à court terme (durée moyenne de 129 jours). Cette dernière représente un point de vulnérabilité, car son absence de renouvellement pourrait se faire sans perte en capital.
L’expérience de la crise bancaire américaine de mars 2022, où des banques californiennes ont été contraintes de vendre des obligations du Trésor à perte suite à des retraits massifs de fonds par des start-ups, souligne la nature interconnectée de la finance mondiale. Seule une intervention de la banque centrale ou l’acquisition par une grande banque peut éviter un effondrement.
En France, les troubles sociaux contribuent à l’augmentation des taux et à la pression sur la bourse. Les interrogations sur l’intelligence artificielle, le luxe, l’automobile et le secteur bancaire européen ajoutent également à l’incertitude.