La Cumbre Iberoamericana : Sánchez cherche à tirer parti de la présence de Milei malgré le contexte de crise
La Cumbre Iberoamericana s’ouvre dans un contexte délicat pour le gouvernement de Pedro Sánchez, exacerbé par l’accident ferroviaire de Urda (Toledo) qui a coûté la vie à 69 personnes.
Ce rendez-vous, initialement perçu comme un moment fort de la pré-campagne socialiste, se transforme désormais en un tournant. Après une semaine marquée par le deuil et la gestion de crise, le PSOE se prépare à relancer sa campagne électorale, avec un événement prévu à Valence ce vendredi.
La présence de Javier Milei et d’autres dirigeants latino-américains de droite pourrait offrir un cadre utile pour les socialistes : celui de réaffirmer leur opposition à l’extrême droite. Lors de sa récente visite en Espagne, Milei avait qualifié Pedro Sánchez de « dictateur impropre ».
L’absence de Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil) et de Claudia Sheinbaum (Mexique), initialement attendus, ainsi que celle de Delcy Rodríguez (Venezuela), frappée de sanctions européennes, pourrait paradoxalement servir les intérêts de Moncloa en offrant une image contrastée de la cumbre.
La plupart des dirigeants présents se situent à droite ou au centre-droit, avec Javier Milei et José Antonio Kast comme figures marquantes. Parmi les participants, on compte également les présidents de Bolivie, Rodrigo Paz, du Costa Rica, Laura Fernández, du Honduras, Nasry Asfura, de la République Dominicaine, Luis Abinader, et d’Andorre, Xavier Espot.
Une rencontre bilatérale entre Sánchez et Milei n’est pas prévue. La tension pourrait néanmoins surgir lors de la session plénière de jeudi, présidée par Felipe VI. Les divergences sont prévisibles, compte tenu des positions politiques divergentes des participants. L’intelligence artificielle et son application dans l’administration publique seront également au cœur des discussions.
La journée de mercredi sera de nature plus institutionnelle, avec une rencontre économique ibéroaméricaine. L’ouverture officielle aura lieu dans l’après-midi au Teatro Real, en présence des souverains. Le jeudi sera consacrée à la session plénière, précédée d’une photo officielle et suivie d’un déjeuner.
La cumbre s’ouvre dans le sillage de la démission d’Óscar Puente, suite à une comparution où plusieurs groupes parlementaires ont réclamé son départ et critiqué la gestion de la crise ferroviaire par le gouvernement. Le PSOE affronte une semaine difficile, sa campagne, initialement placée sous le signe de l’optimisme, étant compromise par la tragédie. La reprise des meetings socialistes est prévue à partir de vendredi, avec un événement à Valence, mais elle devra se dérouler dans le contexte d’une crise ferroviaire et de la démission d’un ministre et tête de liste du PSOE, à seulement 26 jours des élections.