L’Ontario accélère l’octroi de permis miniers pour stimuler les investissements
Le gouvernement de l’Ontario s’engage à rationaliser ses processus administratifs, comme l’illustre l’annonce faite lundi par Stephen Lecce, ministre de l’Énergie et des Mines. Le programme d’accélération de l’examen des permis a désormais permis l’approbation d’un quatrième projet : la mine d’or Fenn-Gib, propriété de MayfairGold.
Ce projet est estimé à un investissement de trois milliards de dollars pour la province et devrait créer 700 emplois, dont 450 durant la phase de construction et 250 pendant les 14 années d’exploitation.
Selon Clément Brunot, directeur du laboratoire pour la croissance de l’Université McGill, le secteur minier est un moteur de création d’emplois bien rémunérés, particulièrement dans les régions éloignées. Il souligne également l’impact indirect sur les fournisseurs de matériel minier.
Michel Demers, professeur en économie à l’Université Carleton, insiste sur l’importance stratégique de l’exploitation minière pour le Canada, notamment en lien avec la fabrication de semi-conducteurs et l’utilisation de l’or dans des secteurs clés comme la médecine et la défense.
Le processus d’approbation des projets miniers est souvent critiqué pour sa lenteur, ce qui freine les investissements et augmente les coûts. « Un dollar d’aujourd’hui vaut plus qu’un dollar de demain », explique M. Brunot.
Stephen Lecce ambitionne que le programme « Un projet, un processus » démontre l’engagement de l’Ontario à devenir un leader mondial en matière d’exploitation minière, éthique et rapide. « Nous pouvons être les meilleurs au monde, et c’est là notre ambition », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.
Drew Anwyll, président de Mayfair Gold, a salué la réduction de moitié du délai d’obtention des permis, facilitant ainsi les décisions d’investissement. L’entreprise prévoit de lancer la production de la mine Fenn-Gib dès 2028, avec une première coulée d’or prévue pour 2030.
Selon Michel Demers, il est crucial d’agir rapidement pour simplifier la réglementation et renforcer la compétitivité du Canada, coincé entre le protectionnisme américain et chinois. Le secteur minier représente entre 20 % et 22 % des exportations canadiennes, contribuant ainsi à la valeur du dollar canadien et au financement d’importations.
Cependant, Clément Brunot précise que ces améliorations économiques prendront du temps à se matérialiser, avec des impacts significatifs attendus dans cinq ans ou plus.