Iran : l’armée affirme une capacité militaire renforcée face aux tensions américaines
L’armée iranienne a déclaré samedi que ses forces étaient désormais plus robustes qu’au début des conflits régionaux, se disant prêtes à réagir à toute agression de manière immédiate et sans limitation géographique, suite aux récentes menaces américaines.
Malgré une intensification des efforts diplomatiques visant à éviter une escalade, le président Donald Trump laisse planer la menace de nouvelles frappes sur le territoire iranien.
« Les forces armées de la République islamique sont aujourd’hui à un niveau d’alerte supérieur et plus puissantes qu’auparavant », a affirmé le porte-parole militaire, Mohammad Akraminia, cité par l’agence de presse Irna. Il a précisé que « sur ordre du Guide suprême, toute riposte des forces armées sera immédiate, efficace et sans limite géographique ».
Des explosions ont été signalées dans la nuit de vendredi à samedi sur l’île de Qeshm, selon la télévision d’État iranienne, tandis que l’agence Tasnim évoquait deux missiles ayant touché l’île stratégique située dans le détroit d’Ormuz. L’armée iranienne a ensuite affirmé avoir détruit un drone militaire américain dans la même zone.
Cette île avait déjà été la cible de frappes limitées au début de la semaine, juste avant les élections de mi-mandat américaines, qui ont pénalisé le parti républicain.
Donald Trump a reconnu que la situation au Moyen-Orient, qui a entraîné une flambée des prix de l’énergie depuis février, avait contribué à la victoire démocrate, tout en insistant sur la nécessité de contrôler le programme nucléaire iranien : « On ne peut pas laisser l’Iran avoir l’arme nucléaire ».
Le département américain de la Défense a annoncé une récompense de 20 millions de dollars pour toute information concernant le programme nucléaire iranien, assortie d’une possible relocalisation.
Téhéran nie détenir des ambitions nucléaires militaires et défend son droit au développement civil de l’énergie atomique.
Les négociations diplomatiques, sous l’égide du Qatar, se sont intensifiées après une série de menaces américano-israéliennes. Donald Trump a eu une conversation avec l’émir du Qatar, tandis que le chef de la diplomatie iranienne a multiplié les contacts avec ses homologues du Golfe.
Un enjeu majeur de ces discussions concerne le contrôle du détroit d’Ormuz, où l’Iran affirme régulièrement que des navires sont détruits par des mines. Le porte-parole militaire a réitéré que le déblocage de ce passage stratégique pour le commerce d’hydrocarbures dépendrait de l’acceptation des conditions iraniennes : un cessez-le-feu régional, le dégel des avoirs iraniens à l’étranger, la levée des sanctions pétrolières et la fin du blocus naval américain.
L’ayatollah Mojtaba Khamenei a averti que le conflit au Moyen-Orient pourrait s’étendre si les États-Unis reprenaient leurs frappes contre l’Iran, tout en estimant que ceux qui anticipent un changement de politique américaine se « trompent lourdement ».