Des pétroliers iraniens échappent au blocus américain et font passer du GPL en Chine via un point d’ancrage malaisien
De petits pétroliers iraniens, surnommés une « flotte fantôme », contournent un blocus naval américain et livrent du gaz de pétrole liquéfié (GPL) en Chine par le biais d’un centre maritime près de la Malaisie, selon des enquêteurs de United Against Nuclear Iran (UANI). L’organisation, qui a mené une enquête de plusieurs mois, a documenté un tel navire, le SOGL, en route en septembre.
UANI rapporte qu’au moins neuf pétroliers similaires ont réussi à échapper aux restrictions américaines dans le détroit d’Ormuz depuis que Washington a rétabli le blocus le 14 juillet. Le SOGL aurait transporté environ 500 000 barils de GPL iranien après avoir été chargé au port d’Assaluyeh à la fin du mois d’août, puis s’est rendu dans un point d’ancrage malaisien en haute mer où il a reçu du carburant et des services avant de se diriger vers la Chine pour décharger sa cargaison.
Le Malaysian Eastern Outer Port Limits Anchorage (EOPL), situé à environ 70 kilomètres des côtes de la Malaisie, est devenu un point d’étape crucial pour le commerce énergétique iranien avec la Chine. Les navires peuvent attendre en haute mer, recevoir des approvisionnements et transférer des cargaisons, offrant une ligne de vie logistique pour les exportations d’énergie iranienne.
« Ce pétrolier avait chargé son GPL iranien au port d’Assaluyeh, en Iran, à la fin du mois d’août. Il a ensuite violé le blocus américain et s’est dirigé vers un point d’ancrage malaisien », a expliqué Jemima Shelley, analyste principale chez UANI. « Ce que cela nous montre, c’est que certains navires parviennent à franchir le blocus maritime américain. »
Depuis le rétablissement du blocus, aucun pétrole brut iranien n’a été exporté avec succès, ce qui a créé une pression économique importante sur le régime iranien. Cependant, de plus petits pétroliers ont été en mesure de profiter de la situation.
UANI a affrété un navire d’approvisionnement le 16 septembre pour observer les activités au sein de l’EOPL, où ils ont documenté des opérations illicites impliquant des pétroliers de la flotte fantôme et des cargos immatriculés sous pavillon iranien, dont le SOGL, décrit comme un pétrolier Handymax chargé de 500 000 barils de GPL.
Le blocus américain a initialement débuté le 13 avril, a été temporairement levé à la mi-juin, puis rétabli le 14 juillet à la suite de l’échec des négociations diplomatiques. Il vise à empêcher les navires transportant du pétrole et des produits pétrochimiques iraniens de quitter le golfe d’Oman.
Pour éviter la détection, ces navires éteignent souvent leurs balises de système d’identification automatique (AIS), hissent de faux pavillons et effectuent des transferts navire-navire risqués dans le golfe d’Oman. L’EOPL a également facilité le stockage flottant, permettant à l’Iran de maintenir un approvisionnement limité en produits pétroliers.
Le SOGL (numéro IMO 9208227) a été ajouté à la liste des sanctions du département du Trésor américain le 8 octobre pour avoir prétendument transporté des produits pétroliers iraniens depuis 2025. Il a opéré sous divers pavillons, dont les Comores et le Zimbabwe, et est lié à Gravion Maritime Co.
Selon Shelley, le stockage flottant iranien a diminué entre zéro et sept millions de barils depuis l’application du blocus. L’EOPL reste un « nœud clé du commerce pétrolier de l’Iran vers la Chine. »