Crise ferroviaire en Espagne : le président d’Adif démissionne
Madrid, 4 novembre (EFE).- Luis Pedro Marco de la Peña, président de la société ferroviaire publique espagnole Adif, a présenté sa démission au vice-président premier, Carlos Cuerpo, qui l’a acceptée, lors d’une réunion entre les deux hommes ce mercredi. Cette démission intervient une semaine après le grave accident ferroviaire qui a causé la mort d’au moins 69 personnes.
Carlos Cuerpo, qui assume désormais également le poste de ministre des Transports suite à la démission de son prédécesseur, Óscar Puente, mardi, a remercié M. Marco de la Peña pour son travail et n’a pas précisé pour l’instant qui le remplacerait.
Marco de la Peña occupait la présidence d’Adif depuis le 17 septembre 2024. Il a été confronté à deux accidents sur le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol : le premier à Adamuz (Córdoba), avec 46 morts, et le second à Urda (Tolède), il y a une semaine, avec au moins 69 victimes et plus de cent blessés.
Carlos Cuerpo a convoqué M. Marco de la Peña à une réunion après qu’un conseil d’administration d’Adif se soit tenu dans la journée, sans aborder la question de la continuité ou non du président démissionnaire, selon des sources proches de la compagnie.
Cette démission est la seconde en moins de 24 heures, après celle de l’ancien ministre des Transports, Óscar Puente, qui a renoncé à son poste « par dignité et empathie envers les victimes », expliquant que cela suite à un train de Renfe qui a percuté par derrière un train d’Iryo, immobilisé sur le même quai suite à une erreur informatique dans les systèmes de sécurité.
« Je ne peux pas continuer dans mes fonctions avec deux accidents de cette gravité en moins d’un an, aussi différents soient-ils et que j’aie ou non une responsabilité directe dans ceux-ci », a déclaré M. Puente, qui a été remplacé ce même mercredi par Carlos Cuerpo.
Il s’agit donc de la première mesure prise au sein du ministère des Transports sous la direction de Carlos Cuerpo, qui était présent au Conseil des ministres de mardi, qui a approuvé un plan d’amélioration de la sécurité ferroviaire visant à modifier les protocoles de contrôle.
Ce plan prévoit notamment une double supervision humaine en cas de défaillance des systèmes de sécurité automatiques et une gestion de la circulation dans des conditions dégradées. Il comprend également des améliorations des conditions de travail des contrôleurs, le renforcement des effectifs et le développement d’un nouveau logiciel pour les centres de contrôle d’Adif, avec des alertes automatiques, des enregistrements électroniques des communications et des listes de contrôle.