Mobilisation du 5 novembre : Les syndicats tentent de capitaliser sur un mouvement étudiant
Le mouvement social actuel, né sur les réseaux sociaux et marqué par des blocages de lycées le 17 octobre, voit désormais les syndicats se mobiliser. La CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU ont conjointement appelé à la grève ce jeudi 5 novembre.
Certains experts estiment que les syndicats ont réagi après le début du mouvement. « Ils n’ont pas le même agenda », explique le politologue Dominique Andolfatto. Stéphane Sirot nuance cependant, soulignant que la CGT, la FSU et Solidaires ont joué un rôle de soutien, voire de régulation, lors des manifestations lycéennes.
Le mouvement, selon Sirot, s’explique en partie par l’influence des réseaux sociaux tels que « Lycée » et « Bloquons tout ». La capacité des syndicats à s’approprier ces outils est cruciale, un point où la CGT semble avoir tiré des leçons de l’expérience des « gilets jaunes ».
Si les syndicats s’étaient déjà mobilisés le 29 septembre pour des revendications liées à la fonction publique, le mouvement lycéen était déjà en cours. Le soutien syndical, bien que rapide, n’a pas été massif, certains ayant agi comme des « grands frères protecteurs ».
La mobilisation du 29 septembre, bien qu’ayant rassemblé plus de 200 000 personnes, représentait une minorité parmi les 6 millions de fonctionnaires et 26 millions de salariés. Ces journées, souvent perçues comme symboliques, n’ont pas toujours produit des résultats tangibles.
Cependant, une convergence des luttes se dessine, même si elle reste fragile. La journée du 5 novembre s’inscrit dans la continuité du mouvement initié par la jeunesse et qui s’étend au monde du travail. Pour la première fois, la CFTC et la CFE-CGC se joignent à la mobilisation.
La capacité des syndicats à obtenir des résultats reste essentielle à leur crédibilité, souligne Sirot. Sans cela, il est peu probable que le mouvement attire de nouveaux jeunes lycéens. Néanmoins, Andolfatto perçoit une forme d’apprentissage de l’action collective.
L’historien envisage une possible vague d’adhésions, mais reste prudent quant à leur longévité, soulignant le taux élevé de renouvellement au sein des syndicats. Des formes d’action parfois inadaptées aux attentes des jeunes pourraient également freiner l’engagement.