Les élections de mi-mandat américaines : un réajustement politique, pas une crise économique
Les élections de mi-mandat ont infligé un revers significatif au Parti Républicain, les démocrates ayant pris le contrôle des deux chambres du Congrès. Cette nouvelle donne politique oblige l’administration Trump à faire face à une réalité différente, sans pour autant signifier la fin de la prospérité économique américaine ou la disparition du mouvement MAGA.
Il est crucial d’éviter les généralisations hâtives et de reconnaître que les élections modifient l’équilibre parlementaire, mais ne remettent pas en cause la capacité d’innovation, d’investissement et de production de la première économie mondiale, ni le potentiel d’un mouvement aussi disruptif que MAGA.
L’histoire récente offre un précédent : en 1994, les démocrates ont perdu le contrôle du Congrès, mais Bill Clinton a été réélu deux ans plus tard avec une large majorité (379 voix contre 159 pour Bob Dole).
La leçon à tirer ne concerne pas tant l’ancien président Trump que le projet politique et ses successeurs. Un mouvement politique peut se redresser en comprenant le message des électeurs et en corrigeant ses erreurs, plutôt que de se reposer sur la fidélité de ses partisans.
Le mouvement MAGA doit définir son identité : sera-t-il uniquement une force de confrontation ou un programme de prospérité durable ? Cela implique d’écouter davantage l’aile libertarienne du parti, de favoriser les revenus disponibles, les opportunités d’investissement et la stabilité des prix.
Il serait également pertinent d’observer les conséquences des politiques socialistes mises en œuvre dans certains États, comme cela a été le cas en Europe avec Syriza et Podemos. Les électeurs américains pourraient ainsi constater les limites de ces approches.
Les Républicains ont rencontré des difficultés de mobilisation lors des primaires et du vote anticipé. Au-delà de l’abstention, une perte de soutien parmi les électeurs indépendants a également été constatée.
Malgré ce résultat, l’économie américaine affiche des signes de vigueur : le PIB a progressé de 3,4 % au troisième trimestre, le secteur manufacturier est en expansion et l’emploi reste solide, malgré la réduction de l’emploi public et de l’immigration. Les salaires réels nets maintiennent également le pouvoir d’achat.
L’inflation, bien que préoccupante, a été héritée d’une politique budgétaire débridée sous l’administration Biden, avec une inflation atteignant 9,1 % et des prix de l’essence dépassant 5,02 dollars le gallon.
Les prix sont d’ailleurs plus élevés dans les États gouvernés par les démocrates, notamment pour l’essence, l’électricité et le logement.
Le récent recul des prix de l’essence, à 4,12 dollars le gallon en moyenne nationale, apporte un certain soulagement, même s’il arrive tard pour changer l’expérience de nombreux électeurs.
La réponse à ce revers électoral ne doit pas être de rechercher une popularité éphémère par davantage de dépenses et d’endettement, mais plutôt de favoriser la libéralisation, la déréglementation, la réduction des charges fiscales et administratives, l’investissement, la concurrence, l’offre énergétique et la productivité, le tout assorti d’une discipline budgétaire et d’une politique monétaire rigoureuse.