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Économie

Le durcissement des taux d’intérêt freine l’accès à la propriété immobilière

La situation financière de nombreux ménages français est fragilisée, et l’augmentation des taux d’emprunt pèse lourdement sur le marché immobilier. Les crédits immobiliers accordés par les banques sont désormais plus difficiles à obtenir, ce qui complique les projets d’achat de logement.

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Illustration Fil Clair.

« La hausse des taux va alourdir la facture et grever parfois très fortement la capacité d’emprunt », a alerté Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis courtage, cette semaine.

Selon les données de l’Observatoire Crédit logement, le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 3,49 % en octobre, contre 3,14 % il y a un an. Les taux proposés par les banques aux courtiers dépassent désormais les 4 %, hors assurance.

Cette augmentation des taux se traduit par une diminution de la demande de crédit immobilier, comme l’a souligné Nicolas Namias, président du directoire de BPCE. « La demande en matière de crédit immobilier 'se tarit, incontestablement', sous un double effet, à la fois la croissance des taux et l’incertitude économique et fiscale », a-t-il déclaré.

Les experts du secteur ne prévoient pas d’amélioration significative dans un avenir proche. Thomas Vandeville, patron de Meilleurtaux, anticipe une progression des taux vers le niveau du taux d’emprunt français à 10 ans, qui se situe autour de 5 %.

Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), a également mis en avant l’impact du « climat social » sur la capacité des acheteurs à envisager des engagements financiers à long terme.

Stéphane Soudeix, de Kereis, observe que de nombreux potentiels emprunteurs attendent de voir l’évolution des politiques de logement proposées par les candidats à l’élection présidentielle.

Malgré cette morosité générale, certains achats restent nécessaires, comme ceux liés à l’extension de la famille ou aux successions. Le volume total des nouveaux crédits immobiliers devrait diminuer cette année par rapport à 2025, et encore davantage l’année suivante.

Foncia a constaté une chute de 20 % des compromis de vente en septembre, soulignant l’impact du renchérissement du crédit sur les primo-accédants.

Dans le secteur de la construction neuve, les réservations de logements sont au plus bas depuis le début des statistiques, selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Certains acteurs du marché plaident pour une modification des normes fixées par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), estimant qu’elles limitent les prêts et privent le secteur d’une partie de sa clientèle. Le ministre de la Ville et du logement, Vincent Jeanbrun, a déjà exprimé son soutien à ces demandes. La Fédération bancaire française a également rejoint ce débat.