Christine Lagarde quitte la BCE : succession et taux inchangés
Christine Lagarde a annoncé jeudi son départ de la Banque centrale européenne (BCE) effectif le 7 février, déclenchant une course à la succession qui mobilise déjà les capitales de la zone euro. Cette information a été communiquée aux membres du Conseil des gouverneurs lors de leur réunion ordinaire, consacrée à la politique monétaire.
Comme prévu, les taux d’intérêt ont été maintenus inchangés, le taux des dépôts restant fixé à 2,5 %. Cette décision intervient après deux augmentations de taux cette année, visant à maîtriser l’inflation alimentée par la hausse des prix de l’énergie, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient. Le communiqué de la BCE souligne que « les prix de l’énergie ont continué d’augmenter, faisant peser des risques à la hausse sur les perspectives d’inflation et des risques à la baisse sur les perspectives de croissance. »
La BCE note également un resserrement des conditions de financement depuis septembre, ce qui devrait impacter l’inflation et la croissance. L’attention se portera lors de la conférence de presse sur les perspectives d’après-Lagarde et les implications politiques de sa succession.
Le successeur de Mme Lagarde sera désigné par les dirigeants de l’Union européenne, conformément aux traités. Son départ anticipé offre au président français Emmanuel Macron une opportunité d’influencer ce choix avant l’élection présidentielle française de 2027.
Parmi les noms qui circulent déjà figurent Klaas Knot, ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise, et Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne, actuellement à la Banque des règlements internationaux (BRI). La succession coïncide avec le renouvellement de plusieurs postes clés à la BCE, dont celui du chef économiste Philip Lane.
En France, les taux d’emprunt ont atteint des niveaux inédits depuis plus de vingt ans, dépassant les 5 % avant de revenir à 4,92 % jeudi. Cette situation reflète les inquiétudes des investisseurs concernant les finances publiques françaises, le débat budgétaire de 2027 et la polarisation sociale.
L’écart entre les obligations françaises et allemandes à dix ans a dépassé 1,5 point de pourcentage, un niveau inégalé depuis 2011. La BCE pourrait, dans certains cas, activer son instrument de protection de la transmission (TPI), permettant des achats massifs d’obligations d’État, bien qu’une telle intervention semble peu probable. Christine Lagarde a récemment insisté sur la nécessité de trouver des solutions en France pour maîtriser la hausse des taux.
Cette décision de la BCE intervient après celle de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a également maintenu ses taux inchangés. Les économistes anticipent généralement une dernière hausse des taux par la BCE en décembre, avant le départ de Christine Lagarde.