La grande distribution dénonce les Marges élevées des multinationales agroalimentaires
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a rendu public lundi 2 novembre une étude soulignant un écart significatif entre la santé financière des multinationales agroalimentaires et celle des petites et moyennes entreprises (PME) françaises.
L’analyse, réalisée par le cabinet Asterès, révèle que les multinationales affichent une marge nette moyenne de 13 % entre 2017 et 2025. Ce chiffre contraste fortement avec la marge moyenne de 3,5 % enregistrée par l’ensemble de l’industrie agroalimentaire française entre 2018 et 2024.
Judith Jiguet, directrice générale de la FCD, a critiqué la tendance des grandes entreprises à masquer leurs performances financières derrière un discours commun de difficultés économiques. « On nous présente tout le temps le bloc industriel comme un ensemble plutôt homogène, mais on voit bien que c’est un groupe totalement hétérogène », a-t-elle déclaré à l’AFP.
L’étude met également en lumière une distribution massive des bénéfices vers les actionnaires : entre 2022 et 2025, 94 % du résultat net des multinationales ont été versés à ce titre. Cette orientation vers la rémunération des actionnaires, selon la FCD, se fait au détriment de l’investissement.
L’étude a examiné les données de 33 entreprises parmi les 53 multinationales avec lesquelles la grande distribution mène des négociations commerciales annuelles. La FCD a annoncé qu’elle ne participera pas à une réunion préparatoire prévue dans la journée, en raison de ses demandes concernant un traitement spécifique pour les PME et une plus grande transparence sur les coûts des matières premières agricoles. Les négociations commerciales annuelles entre supermarchés et fournisseurs, qui débutent le 1er décembre et se terminent le 1er mars, auront un impact direct sur les prix en rayon.
La FCD estime que les multinationales représentent environ 75 % de la valeur totale des négociations commerciales.