Lundi 2 novembre 2026 En continu
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  5. La grande distribution dénonce les Marges élevées des multinationales agroalimentaires
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Économie

Tensions Montantes : les industriels agroalimentaires et la grande distribution S’Apprêtent à un Nouveau Round de négociations

Un comité préparatoire, prévu le 2 novembre, doit amorcer un dialogue entre les fabricants de produits alimentaires et les distributeurs, avant le début officiel des discussions, fixé au 1er décembre. Cette réunion, déjà reportée, s’annonce tendue, certains distributeurs envisageant même de la boycotter.

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Illustration Fil Clair.

Un véritable rapport de force se profile pour les prochains mois, avec des enjeux financiers considérables. En cas d’échec des négociations, certains produits pourraient disparaître des rayons.

Les industriels du secteur agroalimentaire revendiquent la possibilité de vendre leurs produits à des prix plus élevés. L’augmentation des coûts de production, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences sur les prix de l’énergie, ainsi que par la sécheresse et la baisse de la production agricole, les contraint à agir. « Il faut pouvoir répercuter ces augmentations sur le consommateur », explique Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires. « Cela représente quelques centimes sur les pâtes ou les yaourts, mais c’est nécessaire. »

La grande distribution, de son côté, insiste sur la nécessité de prendre en compte le contexte social. « Nous avons des consommateurs qui manifestent contre la vie chère », souligne Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution. Elle appelle les industriels, notamment les grandes multinationales, à assumer leurs responsabilités.

Ces dernières, comme Coca-Cola ou Lindt, seraient, selon Judith Jiguet, en mesure de contenir les prix grâce à leurs marges importantes. Cette guerre des prix, récurrente chaque année, oppose les industriels, qui demandent une augmentation des prix d’achat en raison de la hausse des coûts des matières premières, de l’énergie et de l’emballage, aux distributeurs, qui cherchent à maîtriser, voire à réduire, ces prix.

Un autre point de négociation concerne les contreparties facturées par les distributeurs aux industriels pour la présence de leurs produits dans les catalogues ou en tête de gondole. Les marges de la grande distribution varient considérablement : faibles (2 à 10 %) pour les produits d’appel comme les sodas, le café ou la pâte à tartiner, et élevées (20 à 45 %) pour les produits frais et les fruits et légumes, afin de compenser ces pertes.

Les lois Égalim, dont le dernier volet a été mis en place en 2023, visent à protéger la rémunération des agriculteurs en encadrant les négociations entre distributeurs et industriels, interdisant les rabais sur le prix d’achat des matières premières agricoles, exigeant que les prix soient calculés en fonction des coûts de production des agriculteurs, et en renforçant le contrôle des promotions et des ventes à perte.

Cependant, ce dispositif présente des failles. Certains distributeurs contournent les règles en passant par des centrales d’achat européennes, et les contrôles de la répression des fraudes sont jugés insuffisants par l’Association nationale des industries agroalimentaires. Enfin, la question des amendes se pose : sont-elles suffisamment dissuasives compte tenu des sommes en jeu ? Récemment, plusieurs centrales d’achat ont été sanctionnées pour non-respect des délais de négociation, dont Carrefour, condamnée à une amende de six millions d’euros.